Comment réussir quand votre échec est prédit à l’avance ?

Oui comment fait-on quand on va chercher les fins de résultats trimestriels pour pouvoir soumettre un dossier de candidature afin d’être admise à l’université, la secrétaire du proviseur du lycée de Mamoudzou vous fait la remarque suivante : pourquoi vous vous donnez autant de mal, nous savons pertinemment que vous allez revenir les mains vides sans diplômes ?  La réponse à la secrétaire et à tous ceux et toutes celles qui prédisent l’échec des étudiants mahorais en Métropole et analysent les problèmes en surface : Honte à vous ! Certes le taux d’échec est très élevé selon les statistiques publiées en 2009 sur Comores online, le taux d’abandon en première année était à 60%, un nombre considérable qui mérite des explications. J’ai failli faire partie de ce nombre pour les raisons suivantes : Choc culturel, difficulté d’adaptation à la vie métropolitaine, universitaire et surtout de la vie en résidence universitaire. L’article publié en 2009 sur Comores Online contient des faits pertinents mais il contient également des aberrations de la part des dirigeants mahorais  plus précisément du directeur de la DASU qui traitent les problèmes rencontrés en France en amont. (http://www.comores-online.com/mwezinet/education/images/fevrier2009-lechec%20des%20etudiants%20en%20metropole.pdf.0). Ils osent dire que les mahorais s’intègrent difficilement en France et préfèrent vivre dans les logements privés parce qu’ils veulent cuisiner dans leurs chambres universitaires, choquant !! Monsieur le directeur, vous qui avait vécu en France pendant des années, avez-vous oublié votre arrivée dans ce pays vaste et froid où personne ne vous connait ou n’a envie de vous connaitre ? Avez-vous oublié la désorientation à la fac quand vous ne saviez pas où aller pour vous inscrire ou alors pour pouvoir assister à votre premier cours dans les amphithéâtres ? Avez-vous oublié  les moments de solitudes dans votre 9 m2 où tout vous manque, les cris de vos frères et sœurs, l’odeur de la mer, ce magnifique ciel bleu, cette nourriture qui vous est tellement familière, les chants traditionnels, la joie de vivre des enfants qui courent partout ?

Il est vrai que le gouvernement investit des millions, 17 millions selon les chiffres publiés en février 2009 pour aider les étudiants à se consacrer pleinement à leurs études. Cependant l’argent est loin d’être suffisant et devrait mieux  être investi avant, pendant et après le séjour en France. Ces 17 millions d’euros ne consolent pas les étudiants face au choc culturel, ne nous permet de bien choisir la carrière ou la vocation qu’il faut, ne remplace pas le soutien infaillible des parents, des amis ou de votre entourage.  Les moyens financiers sont uniquement nécessaires pour pouvoir vivre et survivre, pour pouvoir acheter les livres requis ou parfois financer  des séjours culturels en Europe. Oui j’ai failli abandonner  mais comme vous avez pu le lire dans l’article « nos chers pères mahorais », j’ai été « programmée » à réussir, pourquoi ? Parce qu’à fois je voulais abandonner, je pensais à mes parents et à leur foi à ma réussite. A chaque fois que j’ai douté de mes capacités intellectuelles, je savais que j’avais un soutien incontournable de mon entourage, de mes amis et plutard de mon -partenaire « bien-être » Duane durant mon Master 2. Le soutien moral aide énormément mais ce qui aide d’avantage, c’est le travail pur et dur. Malheureusement, je ne fais pas partie des personnes chanceuses qui réussissent tout sans efforts. Pour être là où je suis et pour continuer dans  mes accomplissements j’y mets de la sueur et à mon avais  les efforts paient toujours.  Un mois avant mon baccalauréat littéraire, je me suis enfermée dans ma chambre et me suis plongée intégralement  dans mes livres d’histoire, de géographie, de philosophie, de littérature anglaise, espagnole et française et les efforts en ont valu la peine car je me  suis concoctée la meilleure note en histoire-géographie sur toute l’ile  à savoir 18/20. J’ai répété cette formule magique durant mes années universitaires surtout pendant mon Master 1 et 2.  Deux semaines avant les partiels, je m’isolais dans mon 9m2 à étudier non-stop.  Mes amies fidèles W et N se chargeaient de mes courses pour que je me nourrisse et les résultats furent phénoménaux si je puis me permettre mais l’un des résultats dont je suis la plus fière fut un 15/20 pour mon mémoire de Mater en Négociation de Projets Internationaux.

Le travail pur et dur aide largement à la réussite mais ce qui aide encore plus c’est de se fixer des objectifs et de définir une carrière professionnelle à l’avance.  Beaucoup d’étudiants optent pour la voie universitaire car soit les choix sont limités ou encore parce qu’ils ne savent les métiers qu’ils vont exercer après l’obtention du diplôme.  Encore une fois, je faisais partie de ce lot d’étudiants. Je suis passionnée de langues depuis un très jeune  âge donc  le cursus LEA (Langues Etrangères Appliquées) me semblait évident. Au lycée, je voulais devenir professeur d’espagnol mais mon professeur d’espagnol était tellement pitoyable en première et en terminale que je changeai de carrière. LEA me donnait la possibilité de travailler dans n’importe quel secteur car les langues sont appliquées à des sujets variés, divers et pertinents quelle que soit la branche professionnelle que ce soit la stratégie, la microéconomie, la gestion des ressources humaines, la gestion, la communication ou alors le droit commercial.

15 septembre 2008, le diplôme en main mais n’ayant aucune idée du métier que j’allais exercer, j’étais très confuse  et effrayée  d’appliquer les règles théoriques à la vie professionnelle. Futures étudiantes et étudiants, prenez le temps de formuler un plan de carrière très claire, saisissez n’importe quelle opportunité pour poser des questions à vos professeurs, soyez attentifs aux différents intervenants dans votre lycée, prenez la peine de contacter les étudiants pour qu’ils partagent leurs expériences via la DASU, sachez que vous allez devoir travailler 10 fois plus que vos collègues de classe parce que le niveau est diffèrent, entourez-vous des bonnes personnes qui vont vous encourager et vous soutenir dans votre parcours, ne vous laissez pas en influencer par les personnes qui vont vouloir faire la fête au lieu de réviser pour un examen important, ne vous inquiétez-pas  car vous aurez l’occasion de célébrer votre succès plutard lorsque vous serez épanouie exerçant un métier intéressant, vous partirez en vacances avec vos amis ou encore lorsque vous achèterez le parfum de rêves de votre maman.

Chers amis, que pensez-vous être la clé au succès des étudiants ? J’ai partagé ma formule magique qui a  favorisé mes accomplissements, quelle est votre secret à vous ?

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