Chers lecteurs
La publication d’hier a été l’une de mes meilleurs articles à ce jour, celui qui a été le plus lu et partagé et les gens ont même pris la peine de laisser un commentaire sur le blog donc merci du fond de mon cœur. Beaucoup de personnes de mon réseau en France et au Royaume-Uni m’ont félicitée pour le brave acte de citoyenneté, mais d’autres m’ont critiquée pour ne pas être pleinement engagée dans la lutte, c’est-à-dire mon manque d’engagement dans la politique.
Mes détracteurs ont souligné le fait que j’avais peur d’être corrompue et m’ont dit que c’était exactement la raison pour laquelle rien ne change et qu’il est possible d’avoir des politiciens décents, honnêtes, consciencieux, dignes de confiance, responsables et capables de favoriser l’intérêt public et national au lieu du leur et j’accepte cette critique. Cependant, je me connais assez bien pour savoir que je ne suis pas encore bien équipée pour être une femme politique et je suis sûre que ce jour viendra mais pas maintenant. Je sais par expérience qu’à chaque fois j’ai pris une décision hâtive, je l’ai soit regrettée, soit en a subi les terribles conséquences. Je suis une fervente croyante que l’apprentissage se fait au quotidien et je crois aussi que rien ne se produit par hasard. Par exemple, pendant mon temps chez Sitel je pensais qu’après avoir été un agent français et anglais au service consommateur de Durex et Scholl, que je méritais d’être promue au poste de Team Manager parce que j’étais la seconde responsable de ma manager quand elle était absente ou occupée dans des réunions ou des formations et soyons claires, j’étais beaucoup plus compétente et qualifiée qu’elle et j’avais également le soutien de l’équipe. Je pensais que mon temps était venu lorsque ma manager a finalement été redistribuée dans un rôle différent, mais devinez quoi ? Je n’ai pas obtenu la promotion et j’ai été tout d’abord dévastée, puis très en colère car j’étais persuadée que c’était injuste que quelqu’un d’autre bénéficie de mon dur travail et dirige l’équipe que j’avais construite. C’est Petri Palento qui a obtenu le poste de manager et je remercie le bon dieu de son arrivée et d’avoir fait partie de ma vie professionnelle. Je suis très reconnaissante qu’il m’ait appris la patience, à observer et à planifier avant de prendre un décision quelconque, à contrôler ma colère et mon tempérament avec les éléments perturbateurs, les demandeurs d’attention et les jaloux au sein d’une équipe et a toujours être gentille quelle que soit ma situation. 8 mois plus tard après s’être assuré que j’étais prête pour le poste de manager, Petri démissionna et j’atteins mon objectif de devenir une leader digne de ce nom. C’était sympathique et stimulant de diriger une équipe multiculturelle composée de 15 membres du personnel. Cela a été encore plus stimulant lorsque mon équipe a atteint 22 personnes et que mon portefeuille de produits a également augmenté.
Je sais ce que mes détracteurs et partisans pensent « très bien mais pensez-vous que Barack Obama aurait été élu s’il n’était pas rentré dans la vie politique ? » Certes avant de devenir homme politique il était un avocat, un militant et un leader exceptionnel et orateur. De mon point de vue, il y a différentes façons de faire de la politique autre que de faire campagne et d’être élu, nous citoyens pouvons influencer la politique si nous le voulons vraiment. Prenez le «Tea Party» aux États-Unis, Amnesty International, Green Peace par exemple, ils ne sont pas élus, mais Dieu merci ils se font entendre. À l’ère des réseaux sociaux, nous pouvons faire beaucoup de bien en utilisant cet outil extraordinaire de façon responsable afin de retrouver notre pouvoir et notre liberté d’êtres humains et humanistes, comment ? En favorisant la bonté, l’attention, l’empathie, la compréhension, la compassion, l’amour, la paix afin d’éliminer toutes formes de haine comme la haine contre les Noirs, contre les femmes, contre les homosexuels, contre les Juifs, contre les Musulmans, contre les transsexuels, contre les pauvres et les riches et ainsi de suite en d’autres termes contre n’importe quoi ou n’importe qui différents de nous. L’histoire a justifié ces formes de haine économiquement, politiquement, religieusement, socialement et géopolitiquement mais pourquoi autant de haine ? Cela est apparemment dû à la peur de l’inconnu mais je pense que c’est parce que nous ne nous aimons pas assez, nous n’acceptons pas nos échecs, nos faiblesses, notre misère et comme mécanisme de défense nous blâmons les autres de notre malheur, ce qui est beaucoup plus facile que de prendre la responsabilité de nos propres problèmes et actions.
Certes, il y a beaucoup de problèmes difficiles et complexes à Mayotte, mais personne ne va les résoudre à notre place. Nous pouvons écrire des livres ou des blogs, mais les actions sont plus fortes que les mots. J’ai lu ce matin sur Facebook que Mayotte est l’enfant malheureux et mal aimé de la République française et je suis partiellement d’accord avec cette affirmation, mais les Mahorais ont besoin de se prendre en charge et d’être responsables de leur propre destinée plutôt que d’attendre le gouvernement français pour apporter les solutions sur un plateau doré. Commençons par s’aimer, accepter notre héritage comme ancienne colonie et comme faisant partis de l’archipel des Comores, accepter et respecter nos différences et imperfections. Arrêtons de se plaindre de la situation, d’empêcher les personnes instruites et /ou qualifiées de vivre et de travailler à Mayotte, d’isoler ou de considérer les gens qui critiquent le système comme des ennemis, d’embaucher un membre de sa famille au lieu de quelqu’un compétent, de se sentir inférieurs du fait d’être noirs et musulmans, de penser que les gens qui critiquent une partie de nos coutumes comme par exemple la polygamie ou les mariages ridiculement chers ne sont pas fiers d’être Mahorais.
Ces sujets seront intégrés au Festival en août et nous espérons que nous aurons beaucoup de supporters pour faire de cet événement un succès. Nous avons besoin non seulement d’un soutien financier, mais aussi de bénévoles, d’artistes (chanteurs, danseurs, joueurs d’instruments de musique, créateurs de mode), d’interventions de différents types d’entrepreneurs et de professionnels (cuisiniers, couturiers, jardiniers, journalistes, pharmaciens, Infirmières, aide-soignants, travailleurs sociaux, constructeurs, hôtesses de l’air, traducteurs, enseignants, PDG, etc.)
Rappelons-nous que tout être humain peut contribuer à rendre notre avenir brillant.