Chers lecteurs
Je lis beaucoup de livres d’entraide comme par exemple le Code of Extraordinary Mind de Vishen Lakhiani, le Projet du Bonheur de Gretchen Rubin ou Lean In de la Chef des Operations de Facebook Sheryl Sandberg et tous sans exception prêche la gratitude pour élever son esprit et savoir apprécier ses bénédictions avant d’essayer d’en acquérir de nouvelles.
Vous savez tous où je suis née, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis bénie d’être née là-bas, en excluant les conditions météorologiques, la gastronomie ou encore la culture. Mayotte a pris un tournant décisif en votant de rester française et d’être la seule île de l’archipel des Comores à accepter «la domination française », ce qui a apporté beaucoup d’opportunités et d’avantages tels que la stabilité économique, financière et politique. Nos grands-parents ont eu raison de lutter pour nous garder sous la tutelle de la France parce que nous sommes l’une des îles les plus riches de la région, ce qui de toute évidence provoque un énorme flux de migration provenant des pays pauvres voisins. Si je n’étais pas française, je ne serais pas en mesure de m’exprimer librement sur ce blog, je n’aurais pas eu l’éducation que j’ai eu, je n’aurais pas eu la chance d’explorer le monde et visiter certains pays magnifiques sans avoir à demander de visas dans certains cas, je n’aurais pas rencontré des gens incroyables et sûrement pas mon partenaire qui est australien. Pour montrer mon appréciation, je vais prendre le temps de mentionner des hommes et femmes formidables qui font de ma vie une merveille et digne d’être vécue et je mentionnerai également ceux qui ont rendu mon parcours de vie douloureux mais cette douleur fut utile.
Je vais commencer par remercier mes parents qui m’ont donnée la vie sans l’avoir prévu. Après leur 6ème enfant, mes parents ne voulaient plus avoir d’enfants donc ma mère a pris la pilule de contraception pendant 3 ans et elle ne savait même pas qu’elle était enceinte de 4 mois jusqu’à ce qu’elle aille chez le médecin pour un contrôle de routine et pour une douleur incessante à l’estomac. Heureusement pour moi, la date limite pour avorter était depassée alors elle ne pouvait pas se débarrasser de moi. Non seulement je n’étais pas la seule à ne pas être née, mais mes frères Abdou, Sidi, Amou et Soifouane et ma sœur Halima n’étaient pas censés naitre non plus ainsi j’ai contribué à l’équilibre familiale car nous sommes 6 garçons et 6 filles, maman et papa pas la peine de remercier, c’était avec plaisir!
Me donner la vie fut le début de la bénédiction mais mes parents m’ont inculquée des valeurs solides comme l’amour et le respect pour les autres, aider et soutenir les moins fortunés, la compassion, réussir par le travail, la dignité, la fierté, la liberté de choisir mon chemin qui me permettrait d’être heureuse sans être dicté par la pression de mes pairs, la société ou les membres de la famille. Je ne pense pas qu’ils aient voulu m’apprendre la toute dernière vertu mais c’est le prix à payer quand ils ont favorisé mon éducation et mon bonheur au lieu des traditions ou de la culture mahoraise. En toute honnêteté, c’est mon père qui avait repéré mon potentiel et a alimenté ma volonté de réussir et mes ambitions en m’achetant tous les outils nécessaires pour l’école principalement des livres. C’est lui qui m’a encouragé à poursuivre mon éducation supérieure en Europe sans savoir réellement que je deviendrais une femme forte, opiniâtre et moderne. J’admets que c’ est terrifiant pour un père traditionaliste d’accepter qu’il a élevé cette femme, mais je suis sûre et certaine qu’il en est fier au fond.
D’autre part, ma mère savait qu’il y avait «une bête endormie» qui attendait d’être réveillée alors elle a utilisé la meilleure arme de tous les parents connue sous le nom de la culpabilité et du chantage émotionnel et elle a dit des choses du genre «je vais être complètement perdue sans toi, je ne serai pas en vie lorsque tu vas revenir au pays puisque je suis vieille et terriblement malade ». Ma mère a effectivement de graves problèmes de santé avec le diabète de type 2 et un asthme sévère, qui ont parfois menacé sa vie mais elle a appris à vivre avec. Cela m’a brisé le cœur de la laisser en cette belle journée ensoleillée du 6 septembre 2002, mais je savais que c’était la bonne décision pour moi et ma mère a appris à accepter, soutenir et respecter cette décision.
Il y’a plus de personnes qui font partie de ma vie qui m’aide à garder les pieds sur terre, m’aiment et se soucient de moi indépendamment de mon look et de ma situation financière, à savoir mes amis Chariffa et Moitsou connue sous le nom de : « les filles » ou « mon refuge ». Elles sont restées à mes côtés à travers les bons et les mauvais moments. Mes amis d’enfance Laetitia P et Elmir Boudra que j’ai connus et aime depuis 20 ans et me rappellent toujours du parcours que j’ai effectué et du bien que je peux faire dans le monde mais pas à mon propre détriment. Mon amie Soya qui est une femme et mère incroyable et une grande citoyenne du monde et c’est elle qui m’a donné mon surnom « Zanou ». Mon amie Marina Anguiano Sole qui a aidé à libérer mon côté féministe et m’a fait prendre conscience de ma dualité en tant que femme de traditions et de modernité en même temps. Mes copines de Zumba (Fran, Lisa, Julie, Naomi, Dan et Elaine) qui ont favorisé mon intégration et rende ma vie à Londres amusante et passionnante et partagent la même passion pour la Zumba et les soirées de boogie super sympathiques. Mon petit frère Abdou qui est devenu un homme et un père excellent et malgré des mpments difficiles, il est la preuve vivante que la vie peut être injuste parfois, mais on peut soit blâmer les autres ou prendre des mesures pour l’améliorer et c’est exactement ce qu’il fait, je suis si fier de lui. Je suis heureuse de compter la famille Adin (la famille de Laetitia P) comme ma famille adoptive et je leur remercie de m’avoir fait découvrir l’endroit où je suis née. Je suis si reconnaissante d’avoir Elise comme belle-mère car elle m’aime, se soucie de moi et me protège comme sa fille et je la remercie d’avoir élevé un homme merveilleux et affectueux comme Duane (je ne vais pas élaborer ici car il a toute une section du blog qui lui est dédié).
Professionnellement parlant, je dois remercier mon professeur de français Bénédicte Noguera, qui m’a appris à persévérer et que le fait de travailler est toujours fructueux quel que soit le temps qu’il faut, Antony Tiernan qui a débuté ma carrière professionnelle comme assistante personnelle quand il a dit les mots magiques « Je pense que vous ferez un excellent travail, quand pouvez-vous commencer ? ». J’aimerais remercier Petri Palento qui m’a appris que les vrais leaders sont des êtres humains gentils, Joe Gleeson qui m’a appris à prendre soins de moi avant de m’occuper des autres comme dans l’avion « il faut toujours mettre son masque avant d’aider quelqu’un d’autre à côté de vous pour mettre le sien ». Une personne qui a é galement joué un rôle important dans ma carrière c’est Thérèse Hegarty qui m’a appris que la division des ressources humaines peut être humaine sans violer les lois du travail.
Je suis tout aussi reconnaissante de ceux et celles qui m’ont intentionnellement et involontairement blessée parce que cela m’a rendu plus forte et meilleure. Merci à mon ex de m’avoir trompée et de m’avoir entraîner dans son mini règne dictatorial déguisé dans l’AEMM (association des étudiants Mahorais vivant à Montpellier), qui m’a fourni de la matière pour ce blog, m’a fait comprendre de certaines de mes faiblesses et des différentes formes d’intelligences car il est assez intelligent pour apprendre et exercer une profession, mais pas assez intelligent ou manque de courage pour utiliser le puissant outil de journalisme pour tenir les politiciens responsables de la violence, la pénurie d’eau pendant des mois et pour ne pas réellement développer Mayotte. Je remercie tous les managers inconsciemment incompétents que j’ai eu parce que cela m’a aidé à déterminer la différence entre un bon et un mauvais manager et les êtres humains horribles travaillant dans les départements des ressources humaines qui suivent aveuglément les règles sans tenir compte de notre humanité et grâce à vous j’ai appris à être ferme mais juste quand je licencie un employé.
Il est désormais indéniable que nous pouvons tous et toutes faire du monde un meilleur endroit si nous nous arrêtons un instant pour contempler et compter nos bénédictions. C’est exactement ce que nous ferons pendant le Festival en août, on vous prie de bien venir partager vos bénédictions avec Tafara, moi et tous les invités.