Comment puis-je décrire mon arrivée en France ? Mayotte étant française, je me suis toujours sentie française, je pensais que je faisais partie d’une nation, d’une histoire, d’une révolution mais malheureusement l’accueil le 6 septembre 2002 fut très froid. Perdue, désorientée, j’avais oublié qui j’étais, ma passion et ma vocation de parler plusieurs langues et de voir le monde me paraissait inaccessibles. Je pensais que j’étais en quelque sorte bénie d’être tombée amoureuse de quelqu’un originaire de mon ile qui vivait en France depuis 3 ans, loin de là c est la plus grosse erreur que je n’ai jamais commise dans ma vie. La bêtise a quand même forgée mon caractère et a renforcée ma volonté de changer la perception des gens vis-à-vis de la femme mahoraise. Je suis très reconnaissante d’avoir vécu ce que j’ai vécu car cela me permet de parler en connaissance de cause du sujet de la polygamie, de compatir et comprendre les femmes mariées à des polygames.
L’expression « l’amour rend aveugle » s’applique tout à fait dans mon cas. Hélas je dois avouer que dès le départ, tous les éléments étaient présents pour prédire que notre relation était vouée à l’échec ou que dis-je notre relation ferait face à d’énormes difficultés.
Je ne veux pas m’attarder sur cette relation mais cela faut la peine de citer quelques exemples qui vont peut-être sembler familiers a certains d’entre vous.
J’ai rencontré mon ex, qu’on va appeler B, par le biais d’une amie d’enfance qui n’avait que des choses positives à dire sur lui. Il faut savoir que B était le président de l’association des étudiants mahorais à Montpellier, connu sous le nom de l’AEMM. B avait soutenu et aidé des centaines d’étudiants et était idolâtré et adoré par beaucoup de gens.
Le coup de foudre fut immédiat, nous étions inséparables. Il m’emmenait partout. Une chose était tout de même étrange, il ne me présentait jamais comme sa copine. Il disait exactement qui j’étais, d’où je venais à Mayotte, les études que je faisais mais à aucun moment durant cette période euphorique n’avait-il mentionné qu’on avait une relation amoureuse. Etant très timide et ne voulant pas attirer l’attention sur moi, cela m’arrangeait un peu je ferma donc les yeux.
Octobre 2002, première réunion des accueils des nouveaux étudiants mahorais, moi y faisant partie, j’ai pu voir le président en action. Il a présidé la réunion avec tact, a contrôlé la foule avec dextérité (il faut avoir des nerfs d’acier pour contrôler une foule mahoraise). Je l’ai admiré, j’ai imaginé passer le restant de ma vie avec un homme aussi courageux, vaillant et qui partage les mêmes ambitions que moi de faire une différence au sein de notre communauté.
La relation était tellement fusionnelle que j’ai décidé de présenter B et l’une de mes meilleures amies qu’on va appeler W. Comme on dit « si tu veux savoir si ta relation amoureuse va tenir la route, demande l’avis d’une amie ». W connaissait B en tant que président de l’AEMM mais pas en tant que le copain d’une amie. W l’a immédiatement adoré car elle pensait qu’on était fait l’un pour l’autre intellectuellement et elle voyait à quel point j’étais heureuse ainsi que W approuva la relation.
J’ai partagé ma joie, mon bonheur avec les gens que je connaissais à Montpellier y compris avec une fille que W et moi connaissions au lycée de Mamoudzou. Il s’avère que cette fille, on va l’appeler C, était devenue tres proche avec mon amie W et elle était également nouvelle dans la ville et connaissait B via l’association. C approuvait la relation, l’approuvait à tel point qu’elle faisait souvent des remarques du genre « je ne comprends pas les critiques, comment peut-on détester quelqu’un comme B? Il est généreux, gentil et très ouvert d’esprit ». A l’époque, j’étais entièrement d’accord avec ses commentaires mais je peux dire avec confiance et conviction que mon ex ne fait jamais rien au hasard, il calcule et manipule les personnes qui l’entourent pour atteindre ses objectifs professionnels ou personnels. Si il faut qu’il soit gentil, généreux, attentif, attentionné ou alors si il faut qu’il montre sa puissance et son pouvoir pour obtenir ce qu’il veut, il le fera sans aucune hesitation ou scrupule. Plutard, avec le recul j’ai enfin compris que les commentaires de ses « adversaires » étaient totalement justifiés et fondés.
L’adoration et l’adulation de C envers B s’agrandissait au quotidien et ils passèrent de plus en plus de temps ensemble. Il s’avère qu’ils avaient une chose en commun à savoir la culture mahoraise. Ils connaissaient les mêmes chansons ou artistes comme Tama Music ou Viking et étaient tous les deux en faveur de la polygamie.
Je le dis haut et fort la polygamie est une création pure et dure de l’homme contre les femmes et on aura l’occasion de traiter de cette invention stupide et incohérente. Je n’arrive pas à croire que de nos jours (21eme siècle) que l’ose justifier aux femmes que la raison pour laquelle la polygamie existe à Mayotte c’est parce qu’il n’y a pas assez d’hommes.
Revenons à notre histoire. C et B entamèrent une relation « secrète » en parallèle avec la mienne et B. C m’a un jour avoué qu’elle ne savait pas quoi faire de ses sentiments pour B et le pire c’est quand elle m’a avoué qu’elle pensait que les sentiments de B envers elle étaient réciproques. Je me rappellerai toute ma de vie de cette soirée de confession. J’ai applaudi son courage et je l’ai rassurée qu’on trouverait une solution. Le lendemain, je me suis précipitée à la cabine téléphonique (et oui je n’avais pas de téléphone portable) pour appeler B qui était en vacances avec ses frères au nord de la France. Je lui ai posé une seule question : est-ce que c’est réciproque? La réponse de B fut très convaincante, j’avais oublié que mon très cher ex était en licence media et communication, bien sûr que sa réponse allait être convaincante. Ceci fut sa réponse: Zaina, je t’aime et je ne sais pas de quoi elle parle. Tu penses sincèrement que je serai avec toi si mes sentiments pour elle étaient réciproques? T’inquiète pas je vais lui parler et tout va s’arranger, fais-moi confiance. Avec une réponse aussi convaincante je lui ai hélas fait confiance. Je lui ai accordé le bénéfice du doute et je lui ai donné la permission de me détruire pendant un an et demi. B avait trouvé l’équilibre idéal: il avait 2 femmes aux traits de caractères différents. Une femme traditionnelle, soumise et prête tout accepter y compris ses infidélités (C) et une femme rebelle, ambitieuse et ne tolérant aucune infidélité à savoir moi. B aimait le fait que j’étais ambitieuse et il s’en est servi à son avantage. B maintenant journaliste à Mayotte avait des difficultés grammaticales avec la langue de Molière et moi ayant un bac littéraire corrigeait ses fautes de français. Quand B entama un deuxième master pour se spécialiser dans le journalisme, l’anglais n’était point son fort et la femme qui lui valait à ce moment-là c’était celle qui faisait des études de langues étrangères appliquées c’est à dire moi. B nous mettait en avant en fonction de ses intérêts. La candidate idéale pour promouvoir la culture mahoraise et des traditions en général était C car elle adorait montrer à la terre entière à quelle point elle savait cuisiner les repas typiques. Elle adorait vanter ses talents de bonne danseuse de mbiwi ou autres danses traditionnelles. B avait entièrement raison de ne compter sur moi pour ce genre de choses. Je ne savais même comment porter le vêtement traditionnel, ou alors danser car j’ai passé ma jeuneuse le nez fourré dans les livres et je n’avais jamais porté le vêtement traditionnel. Par contre, je savais cuisiner mais je n’avais jamais l’occasion de montrer que je pouvais cuisiner certains plats mahorais et en cas de doute je me demande toujours l’avis à ma maman, mon compagnon actuel peut en témoigner!
B détestait mon côté rebel et il faisait tout ce qui était en ce pouvoir pour le taire. Critique publique du genre : « je n’arrive pas à croire que tu es une mahoraise, tu ne sais pas porter le vêtement traditionnel, ce n’est que les blancs qui stressent pas quelqu’un qui a vécu et grandi à Mayotte ». Critique privée : A quoi va te servir ton diplômé de langues étrangères appliquées? Pourquoi te plaints-tu des règles douloureuses, ça fait des années que tu les as, tu ne t’y es toujours pas m’habitué ?
Il a failli être violent avec moi mais il savait que cela risquait de ternir son image de président et surtout il savait que mes amis, mon cousin et ma famille habitant à une heure et demie de Montpellier lui rendrait la monnaie de sa pièce.
Cette situation infernale a duré plus d’un an. La plus longue année de toute ma vie. J’avais pris 10 kilos, je me sentais très seule, fragile et très faible bien que mes amies me soutenaient au cours de ses épreuves. Une rumeur circulait dans tout Montpellier que j’empêchais B et C de vivre leur relation….
L’humiliation d’accepter que j’étais impliquée dans une relation triangulaire était déjà difficile à vivre. Mais savoir que la rumeur circulait que je savais pertinemment ce qui se passait et que j’avais décidé de rester; me rongeait au quotidien. Le pire, c’est que oui je le savais mais mon ex ne cessait me dire qu’il fallait que je sois forte et je me batte pour lui. Il me disait qu’il m’aimait et que toutes ces rumeurs sur sa relation secrète n’étaient pas fondées. Je m’en voulais de me sentir faible et de ne pas réagir. Mais le pire, c’était de voir la déception de W qui me connaissait très bien depuis le lycée. W n’arrêtait pas de me demander de me « réveiller », de me dire que je valais beaucoup mieux qu’un ménage à trois. J’étais rongée de remords de décevoir W qui malgré toutes les rumeurs que j ‘avais consciemment choisi de rester dans une relation aussi malsaine, est restée et a lutté à mes côtés. Elle m’a consolée et me répétait jour après jour que j’étais beaucoup plus forte que je ne le croyais et je trouverai la force. Je n’y croyais pas mais elle avait raison. Cependant le processus fut malheureusement très long. Une autre personne a joué un rôle fondamental à ma reprise en main, une autre amie très fidèle qu’on va appeler N et qui utilisait souvent cette expression pour m’encourager « quoiqu’il arrive, demain le soleil se lèvera toujours ». N avait vécu une relation similaire à Mayotte et m’avait racontée comment elle avait survécu et avait dévié les coutumes mahoraises mais je pense qu’ à l’époque elle ne s’était pas rendue compte que c’était de la défiance de remettre en cause les traditions mahoraises. Quand bien même j’avais le soutien inconditionnel de deux amies, nous faisions face à une communauté d’une cinquantaine de personnes qui nous a critiquées et marginalisées. Je m’en voulais de voir W et N isolées mais elles ne craignaient pas de ne pas faire partie de cette communauté. Une communauté incapable de changer ou de s’adapter en France. Les filles me redonnaient confiance en moi petit à petit mais j’avais encore honte d’assumer mes choix. Je me suis donc renfermée pendant des mois et ne sortais que pour m’acheter à manger et surtout de m’acheter des Dannettes. Mon dieu qu’est-ce que j’en ai mangé de ces cochonneries! Au jour d’aujourd’hui je ne parviens toujours pas à manger des dannettes ou encore un dessert un peu mousseux parce que cela me rappelle cette période très douloureuse de ma vie. Une periode ou j’avais abandonné mes rêves, mes ambitions et arrêté d’aller à l’université pendant un mois. B savait que je n’allais plus à la faculté mais ne m’avait jamais encouragée ou motive pour que j’y retourne parce que cela l’arrangeait que je sois faible et vulnérable. Un matin, je trouvai l’énergie et le courage de me préparer tant bien que mal parce qu’avec 10 kilos en plus, tous mes vêtements étaient trop petits. J’ai réussi à trouver un pantalon qui était à peu près à ma taille même si j’avais un peu de mal à respirer dedans. Mal à l’aise physiquement et psychologiquement, je décidai de marcher jusqu’à la faculté pour aller assister à un cours de microéconomie. Sur le chemin, je croisai mon très ex et son meilleur ami. Mon ex me fit la remarque suivante : » Ah, tu n’as pas oublié le chemin pour te rendre à la fac ? » Je suis restée bouche-baie et j’ai continué mon chemin mais au lieu de me rendre à mon cours de microéconomie ce jour-là, je suis allée au supermarché de Shoppi pour m’acheter plus de Danettes et de desserts mousseux. En n’assistant pas à mes cours et en n’accomplissant que le minimum requis, il était évident que je n’allais pas réussir à valider ma deuxième année en Langues Etrangères Appliquées. Dévastée, déprimée, humiliée, fatiguée de me battre au quotidien pour garder un homme qui me maltraitait et déçue de mes propres actions, j’avais touché le fond et ne voulais qu’une seule chose : disparaitre de la surface de la terre.
Que fait- on en général quand on touche le fond et que l’on sait plus quoi faire ? On appelle au secours et en général on fait appel à maman et à papa pour qu’ils nous viennent à la rescousse. J’ai appelé ma pauvre maman en pleurant. La pauvre à 10 miles kilomètres de la France s’inquiéta. Je me sentie encoure plus coupable et je n’ai pas osé lui confier mes vrais problèmes. Mon père étant polygame, ma pauvre maman savait exactement ce que je ressentais et je sais à quel point elle avait souffert et souffre encore des infidélités légales de mon père. J’ai donc continué à pleurer mais je lui ai menti. Enfin, j’ai un peu déguisé la réalité quant à la vrai raison de mes pleurs. Je lui ai dit que la raison pour laquelle je pleurais c’était parce que je n’avais pas validé ma deuxième année. En bonne mère rassurante et dévouée qu’elle est, elle m’affirma la chose suivante : « ma chérie, c’est normal ; tu vis dans un pays qui t’es totalement inconnu et tu as besoin d’un petit peu de temps pour t’adapter et je suis sure et certaine que tu as fait de tout mieux. De plus, ta carrière scolaire est impressionnante mais tu es humaine et tu as le droit d’avoir des moments de faiblesses. Je sais que tu vas te ressaisir, tu verras avec l’aide de dieu ». Ma petite maman avait raison, mon esprit « Rebel » commençait à refaire surface. Je décidai de rompre avec B et de me consacrer à mes études. Les visites à la bibliothèque de la faculté furent nombreuses. Il fallait quand même que je rattrape mon retard et que je sois au même niveau que mes collègues en l’espace de 2 mois. Je me suis « réveillée » au bon moment pour poser ma candidature afin d’aller étudier en Espagne en tant qu’étudiante Erasmus. Ma candidature fut acceptée et 6 mois plutard, j’étais parée pour aller vivre et étudier un an aux Iles Canaries plus précisément à Tenerife. J’étais sur le point de réaliser l’un de mes rêves, que du bonheur !
Malgré le fait que j’avais mis à un terme à ma relation avec B, notre relation était tout de même civilisée et je continuais à l’aider avec ses études, il faut avouer que j’avais toujours des sentiments envers lui jusqu’ à un beau jour d’été 2004, un vrai tournant !
La veille de ce beau jour en question, j’étais en train de réviser pour un partiel de gestion et B de manière inattendue est venu frapper à ma porte pour me demander d’aller réviser chez lui parce qu’il avait besoin d’aide. Pas totalement convaincue de ses intentions, on alla chez lui pour aller préparer nos examens respectifs. Il faut savoir que même si B m’avait énormément fait du mal, je croyais en son succès et l’encourageait pour qu’il exerce son métier de rêve à savoir journaliste. Pour moi, plus notre ile est remplie de gens qualifiés, mieux elle avancera vers la bonne direction donc je mettais « nos différends » de côté et l’aidais comme je pouvais c’est à dire je corrigeais ses articles ou encore traduisais des sujets qui n’étaient traités qu’en anglais. Cette nuit- la, on ne se consacra qu’à nos études et en l’espace d’une nuit, je pensais que B avait peut-être changé. Mon dieu non ! Le lendemain, ce fut une tout autre histoire. 11 du matin, quelqu’un sonna a la porte. Moi devant l’ordinateur en train de lire son article, B devant sa cuisine américaine en train de faire la vaisselle, scène inédite ! B étant près de la porte, je lui demandai d’aller répondre mais il refusa, étrange ! J’insistai et B est finalement descendu voir qui sonna à la porte. Il remonta en disant que c’était F, la voisine et une compatriote mahoraise. Mais l’humeur de B avait soudainement changé et il avait l’air très tendu. En le voyant dans cet état-là, je lui demandai innocemment ce qui n’allait pas et ce que voulais F. Il se mit en colère et cassa une assiette par terre, le voyant dans cet état et n’étant pas techniquement en relation avec lui, je rangeai mes affaires pour aller continuer mes révisions chez moi. B se mit encore plus en colère et m’empêcha de partir et durant notre altercation, je vis réellement qui était à la porte quelques minutes auparavant, c’était évidemment C ! C’est pourquoi B était de mauvaise humeur. Le pauvre avait oublié qu’il avait rendez-vous avec C pour aller faire ses courses. J’étais restée sans voix, un peu choquée et je me sentie encore une fois manipulée mais la différence cette fois-ci c’est que je me suis jurée ce jour-là que cela n’allait plus jamais se reproduire. Ce jour-là je me suis promise de couper les ponts avec B mais avant de lui dire adieu à tout jamais j’allais lui dire ses 4 vérités en face. Je lui ai dit la chose : je n’arrive pas à croire qu’un homme aussi intelligent que toi, se laisse entrainer dans une tradition aussi archaïque et obsolète. Comment as-tu pu me faire autant de mal ? Ton père est polygame et tu as vu comment il a traité ta mère et il n’a jamais present pour toi, ton petit frère et ta petite sœur, comment est-ce possible ? » B n’avait pas de réponse mais sa colère augmenta encore plus et il fit une chose incroyable et très lâche. Il alla demander à C de monter pour que l’on règle nos comptes comme on fait à Mayotte avec les rivales. J’en ai honte aujourd’hui mais je l’ai fait. Comme on dit j’ai vidé mon sac ce jour-là et je suis passée à autre chose mais je n’oublierai jamais ce qu’ils m’ont fait subir pendant un an demi. Je ne veux pas jouer la victime mais j’étais dans un jeu dont je ne connaissais pas les règles. Ils n’ont jamais eu le cran d’assumer leur relation en public et devant moi et s’ils avaient un tout petit peu de dignité, ils n’auraient pas eu à « cacher » leurs sentiments, au fond ils savaient qu’ils faisaient quelque chose de mal. Ils ont osé m’accuser durant l’affrontement qu’ils me l’ont dit, menteurs ! C m’avait avoué ses sentiments et moi en personne honnête, j’ai posé la question à B qui a nié de toutes ses forces. Cette expérience m’a beaucoup appris sur notre société mahoraise. Les mahorais instruits qui vivent ailleurs mais qui reproduisent une « mini société mahoraise » en Métropole avec les coutumes et traditions mahoraises. Des hommes instruits et intelligents qui utilisent les traditions pour perpétuer leur pouvoir. Des femmes instruites et intelligentes qui pensent qu’elles n’ont pas d’autres choix que de perpétuer les traditions. Quant à moi, je pense que je l’ai échappé bel en rompant avec B, en partant en Espagne mais la pauvre C était persuadée qu’elle avait touché le Jackpot avec B, un homme de sa carrure. Il s’est débarrassé d’elle dès qu’il n’en a pas eu besoin. Un jour, C est venue dans ma chambre universitaire pour me confier comment B l’avait rejetée dès qu’il a pu. Elle est venue me demander de faire la paix parce que B nous avait fait du mal à toutes les deux et que cela ne servait plus à rien de se battre car B allait épouser quelqu’un d’autre. En effet, B a épousé la voisine de C ! Quelle humiliation pour C ! Sa voisine lui a rendu la monnaie de sa pièce et pendant des années elle était condamnée à voir B et sa femme tous les jours jusqu’à ce qu’ elle déménage récemment dans un autre village avec son mari.