Pour réussir, il faut savoir avoir de la gratitude

Chers lecteurs

Je lis beaucoup de livres d’entraide comme par exemple le Code of Extraordinary Mind de Vishen Lakhiani, le Projet du Bonheur de Gretchen Rubin ou Lean In de la Chef des Operations de Facebook Sheryl Sandberg et tous sans exception prêche la gratitude pour élever son esprit et savoir apprécier ses bénédictions avant d’essayer d’en acquérir de nouvelles.
Vous savez tous où je suis née, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis bénie d’être née là-bas, en excluant les conditions météorologiques, la gastronomie ou encore la culture. Mayotte a pris un tournant décisif en votant de rester française et d’être la seule île de l’archipel des Comores à accepter «la domination française », ce qui a apporté beaucoup d’opportunités et d’avantages tels que la stabilité économique, financière et politique. Nos grands-parents ont eu raison de lutter pour nous garder sous la tutelle de la France parce que nous sommes l’une des îles les plus riches de la région, ce qui de toute évidence provoque un énorme flux de migration provenant des pays pauvres voisins. Si je n’étais pas française, je ne serais pas en mesure de m’exprimer librement sur ce blog, je n’aurais pas eu l’éducation que j’ai eu, je n’aurais pas eu la chance d’explorer le monde et visiter certains pays magnifiques sans avoir à demander de visas dans certains cas, je n’aurais pas rencontré des gens incroyables et sûrement pas mon partenaire qui est australien. Pour montrer mon appréciation, je vais prendre le temps de mentionner des hommes et femmes formidables qui font de ma vie une merveille et digne d’être vécue et je mentionnerai également ceux qui ont rendu mon parcours de vie douloureux mais cette douleur fut utile.

Je vais commencer par remercier mes parents qui m’ont donnée la vie sans l’avoir prévu. Après leur 6ème enfant, mes parents ne voulaient plus avoir d’enfants donc ma mère a pris la pilule de contraception pendant 3 ans et elle ne savait même pas qu’elle était enceinte de 4 mois jusqu’à ce qu’elle aille chez le médecin pour un contrôle de routine et pour une douleur incessante à l’estomac. Heureusement pour moi, la date limite pour avorter était depassée alors elle ne pouvait pas se débarrasser de moi. Non seulement je n’étais pas la seule  à ne pas être née, mais mes frères Abdou, Sidi, Amou et Soifouane et ma sœur Halima n’étaient pas censés naitre non plus ainsi j’ai contribué à l’équilibre familiale car nous sommes 6 garçons et 6  filles, maman et papa pas la peine de remercier, c’était avec plaisir!

Me donner la vie fut le début de la bénédiction mais mes parents m’ont inculquée des valeurs solides  comme l’amour et le respect pour les autres, aider et soutenir les moins fortunés, la compassion, réussir par le travail, la dignité, la fierté, la liberté de choisir mon chemin qui me permettrait d’être heureuse sans être dicté par la pression de mes pairs, la société ou les membres de la famille. Je ne pense pas qu’ils aient voulu m’apprendre la toute dernière vertu mais c’est le prix à payer quand ils ont favorisé mon éducation et mon bonheur au lieu des traditions ou de la culture mahoraise. En toute honnêteté, c’est mon père qui avait repéré mon potentiel et a alimenté ma volonté de réussir et mes ambitions en m’achetant tous les outils nécessaires pour l’école principalement des livres. C’est lui qui m’a encouragé à poursuivre mon éducation supérieure en Europe sans savoir réellement que je deviendrais une femme forte, opiniâtre et moderne. J’admets que c’ est terrifiant pour un père traditionaliste d’accepter qu’il a élevé cette femme, mais je suis sûre et certaine qu’il en est fier au fond.

D’autre part, ma mère savait qu’il y avait «une bête endormie» qui attendait d’être réveillée alors elle a utilisé la meilleure arme de tous les parents connue sous le nom de la culpabilité et du chantage émotionnel et elle a dit des choses du genre «je vais être complètement perdue sans toi, je ne serai pas en vie lorsque tu vas revenir au pays puisque  je suis vieille et terriblement malade ».  Ma mère a effectivement de graves problèmes de santé avec le diabète de type 2 et un asthme sévère, qui ont parfois menacé sa vie mais elle a appris à vivre avec. Cela m’a brisé le cœur de la laisser en cette belle journée ensoleillée du 6 septembre 2002, mais je savais que c’était la bonne décision pour moi et ma mère a appris à accepter, soutenir et respecter cette décision.

Il y’a plus de personnes qui font partie de ma vie qui m’aide à garder les pieds sur terre, m’aiment et se soucient de moi indépendamment de mon look et de ma situation financière, à savoir mes amis Chariffa et Moitsou connue sous le nom de : « les filles » ou « mon refuge ».  Elles sont restées à mes côtés à travers les bons et les mauvais moments. Mes amis d’enfance Laetitia P et Elmir Boudra que j’ai connus et aime depuis 20 ans et me rappellent toujours du parcours que j’ai effectué et du bien que je peux faire dans le monde mais pas à mon propre détriment. Mon amie Soya qui est une femme et mère incroyable et une grande citoyenne du monde et c’est elle qui m’a donné mon surnom « Zanou ». Mon amie Marina Anguiano Sole qui a aidé à libérer mon côté féministe et m’a fait prendre conscience de ma dualité en tant que femme de traditions et de modernité en même temps. Mes copines de Zumba (Fran, Lisa, Julie, Naomi, Dan et Elaine) qui ont favorisé mon intégration et rende ma vie à Londres amusante et passionnante et partagent la même passion pour la Zumba et les soirées de boogie super sympathiques. Mon petit frère Abdou qui est devenu un homme et un père excellent et malgré des mpments difficiles, il est la preuve vivante que la vie peut être injuste parfois, mais on peut soit blâmer les autres ou prendre des mesures pour l’améliorer et c’est exactement ce qu’il fait, je suis si fier de lui. Je suis heureuse de compter la famille Adin (la famille de Laetitia P) comme ma famille adoptive et je leur remercie de m’avoir fait découvrir l’endroit où je suis née. Je suis si reconnaissante d’avoir Elise comme belle-mère car elle m’aime, se soucie de moi et me protège comme sa fille et je la remercie d’avoir élevé un homme merveilleux et affectueux comme Duane (je ne vais pas élaborer ici car il a toute une section du blog qui lui est dédié).

Professionnellement parlant, je dois remercier mon professeur de français Bénédicte Noguera, qui m’a appris à persévérer et que le fait de travailler est toujours fructueux quel que soit le temps qu’il faut, Antony Tiernan qui a débuté ma carrière professionnelle comme assistante personnelle quand il a dit les mots magiques « Je pense que vous ferez un excellent travail, quand pouvez-vous commencer ? ». J’aimerais remercier Petri Palento qui m’a appris que les vrais leaders sont des êtres humains gentils, Joe Gleeson qui m’a appris à prendre soins de moi avant de m’occuper des autres comme dans l’avion « il faut toujours mettre son masque avant d’aider quelqu’un d’autre à côté de vous pour mettre le sien ». Une personne qui a é galement joué un rôle important dans ma carrière c’est Thérèse Hegarty qui m’a appris que la division des ressources humaines peut être humaine sans violer les lois du travail.

Je suis tout aussi reconnaissante de ceux et celles qui m’ont intentionnellement et involontairement blessée parce que cela m’a rendu plus forte et meilleure. Merci à mon ex de m’avoir trompée et de m’avoir entraîner dans son mini règne dictatorial déguisé dans l’AEMM (association des étudiants Mahorais vivant à Montpellier), qui m’a fourni de la matière pour ce blog, m’a fait comprendre de certaines de mes faiblesses et des différentes formes d’intelligences car il est assez intelligent pour apprendre et exercer une profession, mais pas assez intelligent ou manque de courage pour utiliser le puissant outil de journalisme pour tenir les politiciens responsables de la violence, la pénurie d’eau pendant des mois et pour ne pas réellement développer Mayotte. Je remercie tous les managers inconsciemment  incompétents que j’ai eu parce que cela m’a aidé à déterminer la différence entre un bon et un mauvais manager et les êtres humains horribles travaillant dans les départements des ressources humaines qui suivent aveuglément les règles sans tenir compte de notre humanité et grâce à vous j’ai appris à être ferme mais juste quand je licencie un employé.

Il est désormais indéniable que nous pouvons tous et toutes faire du monde un meilleur endroit si nous nous arrêtons un instant pour contempler et compter nos bénédictions. C’est exactement ce que nous ferons pendant le Festival en août, on vous prie de bien venir partager vos bénédictions avec Tafara, moi et tous les invités.


Do you want to be successful? Start by counting your blessings

Dear Readers

I read a lot of self help books from the Code of Extraordinary Mind by Vishen Lakhiani, the Happiness Project by  Gretchen Rubin to Lean In by Facebook Chief Operating Officer Sheryl Sandberg and all of them treasure gratefulness for it elevates your spirit and makes you realise and appreciate your blessings before trying to acquire new ones.

Now you all know where I was born but you may not know how blessed I am to be born there excluding the weather conditions, gastronomy and culture. Mayotte made a life changing decision by voting to remain French and to be the only island in the Comoros Archipelago to accept « the French domination, which brought so many opportunities and advantages such as economical, financial and political stability. Our grand-parents were right to fight for this because we are one of the richest islands in the area, which understandably causes a huge flux of migration from neighbouring poor countries. If I wasn’t French, I wouldn’t be able to express myself freely on this blog , I wouldn’t have had the education that I had, I wouldn’t have had the chance to explore the world and visit some of the most amazing countries on the planet without having to apply for visas in some cases, I wouldn’t have met incredible people and surely not my partner who is Australian so let’s pause for a moment to mention the amazing men and women who make this life journey wonderful and let’s also mention those who made it painful but worthwhile.

I am going to start by thanking my parents who brought me into this world unintentionally. After their 6th child, my parents didn’t want to have more children therefore my mum was on contraception pill for 3 years and she did not know she was 4 month pregnant until she went to the doctors for a routine check up and for a nagging stomach pain. Fortunately for me, it was past the deadline to have an abortion so she couldn’t get rid of me. Not only was I not the only one who wasn’t supposed to be born but my brothers Abdou, Sidi, Amou and Soifouane and my sister Halima were not supposed to be born either so I helped even the family as there are 6 boys and 6 girls within it, you are most welcome Mum and Dad!

Life was a start of the blessing my parents gave me but most of all they taught me to be a good and caring human being by inculcating some robust values such as love and respect for others, help and support the less fortunate, compassion, drive to succeed through hard work, dignity, pride, freedom to choose the path to be happy and not dictated by peer pressure, society or family members. I don’t think they meant to teach me the last one but that’s the price to pay when they favoured my education and my happiness against traditions and cultures. To be fair, my dad was the one who spotted my potential and nurtured my drive and ambitions by buying me all the necessary tools for school mostly books. He was the one who encouraged me to pursue my higher education in Europe but little did he or I know that I would become a strong, opinionated and modern woman. It is terrifying for a traditionalist dad to admit he is raised that woman but I am sure that he is proud deep down.

On the other hand, my mum knew that there was « a dormant beast »that was awaiting to be awaken so she used all parents’ best weapon known as guilt trip and emotional blackmail and said things like »I am going to be completely lost without you,I may not be alive by the time you come back as I am old and awfully sick. »It is a fact that my mum suffers from serious health conditions with type 2 diabetes and severe asthma, which have been life threatening at times but she has learned to live with them. It broke my heart to leave her on that beautiful and sunny day of 6th September 2002 but I felt it was the right decision for me and my mum has learned to accept, support and respect that decision.

There are more people who are part of my journey, who keep me grounded and who love and care about me regardless of my look and my financial situation namely my friends Chariffa and Moitsou known as « my girls » or « my refuge », they have been by my side through the good and bad times. My childhood friends Laetitia P and Elmir Boudra who I have known and loved for 20 years and who always remind me how far I’ve come and the greatness I can do to the world but not at my own detriment. My friend Soya who is an incredible woman, mother, a great citizen of the world and she is the one who gave me my nickname « Zanou ». My friend Marina Anguiano Sole who unleashed my feminism side and made me aware of my duality as a woman of traditions and modernity at the same time. My Zumba girls ( Fran, Lisa, Julie, Naomie, Dan and Elaine) for making my life in London fun and exciting and for the great boogie nights we have. My younger brother Abdou who has become an amazing man and father after some tough times, he reminds me that life can be unfair at times but you can either blame others or take actions to make your life better this is exactly what he is doing, I am so proud of him. I am happy to count the Adin family ( Laetitia P’s family) as my adopted family and I thank you for making me discover the place I was born.I am so blessed to have Elise as my mother in law who loves, cares for me and protects like a daughter and I thank you for raising a wonderful loving man like Duane ( I will not elaborate here as he has a whole section dedicated to him on this blog).

Professionally speaking I need to give thanks to my high school teacher Benedicte Noguera, who has taught me to persevere and that hard work always pays off no matter how long it takes, to Antony Tiernan who gave me my first break as Personal Assistant when he said the magic words « I think you will do a great job, when can you start? » , to Petri Palento who taught me that true leaders are kind human beings, to Joe Gleeson who taught me to give myself a break and to always look after myself first before looking after others like in the plane « put your mask first before helping someone else next to you to put theirs », to Therese Hegarty who taught me that the human resources division can be human without breaching any employment laws.

I will also give thanks to those who have intentionally and unintentionally hurt me because I got stronger and better. Thanks to my ex  for cheating on me and for dragging me into his mini dictatorial reign disguised in the AEMM ( association of Mahorais students living in Montpellier), which gave me some materials for this blog, made me aware of some of my weaknesses and strengths and that there are different kinds of intelligence i.e you can be intelligent enough to learn a profession but not intelligent enough  or lack courage to use the powerful tool of journalism to hold politicians accountable for the violence, the shortage of water for months and for failing to truly develop Mayotte. I give thanks to all the unconscious incompetent line managers I have had because I can tell the difference between a good and bad manager and to the awful human beings working in human resources departments who are blindly following rules without taking into account our humanity and thanks to you I learn to be firm but fair when dismissing an employee.

Truth to be told, we can make the world a better place if we pause for a moment to count our blessings. This is exactly what we will do during the Festival in August, please come and share your blessings with Tafara, myself and all the guests.

Soyons Humunistes: s’accepter et s’aimer

Chers lecteurs
La publication d’hier a été l’une de mes meilleurs articles à ce jour, celui qui a été le plus lu et partagé et les gens ont même pris la peine de laisser un commentaire sur le blog donc merci du fond de mon cœur. Beaucoup de personnes de mon réseau en France et au Royaume-Uni m’ont félicitée pour le brave acte de citoyenneté, mais d’autres m’ont critiquée pour ne pas être pleinement engagée dans la lutte, c’est-à-dire mon manque d’engagement dans la politique.

Mes détracteurs ont souligné le fait que j’avais peur d’être corrompue et m’ont dit que c’était exactement la raison pour laquelle rien ne change et qu’il est possible d’avoir des politiciens décents, honnêtes, consciencieux, dignes de confiance, responsables et capables de favoriser l’intérêt public et national au lieu du leur et j’accepte cette critique. Cependant, je me connais assez bien pour savoir que je ne suis pas encore bien équipée pour être une femme politique et je suis sûre que ce jour viendra mais pas maintenant. Je sais par expérience qu’à chaque fois j’ai pris une décision hâtive, je l’ai soit regrettée, soit en a subi les terribles conséquences. Je suis une fervente croyante que l’apprentissage se fait au quotidien et je crois aussi que rien ne se produit par hasard. Par exemple, pendant mon temps chez Sitel je pensais qu’après avoir été un agent français et anglais au service consommateur de Durex et Scholl, que je méritais d’être promue au poste de Team Manager parce que j’étais la seconde responsable de ma manager quand elle était absente ou occupée dans des réunions ou des formations et soyons claires, j’étais beaucoup plus compétente et qualifiée qu’elle et j’avais également le soutien de l’équipe. Je pensais que mon temps était venu lorsque ma manager a finalement été redistribuée dans un rôle différent, mais devinez quoi ? Je n’ai pas obtenu la promotion et j’ai été tout d’abord dévastée, puis très en colère car j’étais persuadée que c’était injuste que quelqu’un d’autre bénéficie de mon dur travail et dirige l’équipe que j’avais construite.  C’est Petri Palento qui a obtenu le poste de manager et je remercie le bon dieu de son arrivée et d’avoir fait partie de ma vie professionnelle. Je suis très reconnaissante qu’il m’ait appris la patience, à observer et à planifier avant de prendre un décision quelconque, à contrôler ma colère et mon tempérament avec les éléments perturbateurs, les demandeurs d’attention et les jaloux au sein d’une équipe et a toujours être gentille quelle que soit ma situation. 8 mois plus tard après s’être assuré que j’étais prête pour le poste de manager, Petri démissionna et j’atteins mon objectif de devenir une leader digne de ce nom. C’était sympathique et stimulant de diriger une équipe multiculturelle composée de 15 membres du personnel. Cela a été encore plus stimulant lorsque mon équipe a atteint 22 personnes et que mon portefeuille de produits a également augmenté.

Je sais ce que mes détracteurs et partisans pensent « très bien mais pensez-vous que Barack Obama aurait été élu s’il n’était pas rentré dans la vie politique ? » Certes avant de devenir homme politique il était un avocat, un militant et un leader exceptionnel et orateur. De mon point de vue, il y a différentes façons de faire de la politique autre que de faire campagne et d’être élu, nous citoyens pouvons influencer la politique si nous le voulons vraiment. Prenez le «Tea Party» aux États-Unis, Amnesty International, Green Peace  par exemple, ils ne sont pas élus, mais Dieu merci ils se font entendre. À l’ère des réseaux sociaux, nous pouvons faire beaucoup de bien en utilisant cet outil extraordinaire de façon responsable afin de retrouver notre pouvoir et notre liberté d’êtres humains et humanistes, comment ? En favorisant la bonté, l’attention, l’empathie, la compréhension, la compassion, l’amour, la paix afin d’éliminer toutes formes de haine comme la haine contre les Noirs, contre les femmes, contre les homosexuels, contre les Juifs, contre les Musulmans, contre les transsexuels, contre les pauvres et les riches et ainsi de suite en d’autres termes contre n’importe quoi ou n’importe qui différents de nous. L’histoire a justifié ces formes de haine économiquement, politiquement, religieusement, socialement et géopolitiquement mais pourquoi autant de haine ? Cela est apparemment dû à la peur de l’inconnu mais je pense que c’est parce que nous ne nous aimons pas assez, nous n’acceptons pas nos échecs, nos faiblesses, notre misère et comme mécanisme de défense nous blâmons les autres de notre malheur, ce qui est beaucoup plus facile que de prendre la responsabilité de nos propres problèmes et actions.

Certes, il y a beaucoup de problèmes difficiles et complexes à Mayotte, mais personne ne va les résoudre à notre place. Nous pouvons écrire des livres ou des blogs, mais les actions sont plus fortes que les mots. J’ai lu ce matin sur Facebook que Mayotte est l’enfant malheureux et mal aimé de la République française et je suis partiellement d’accord avec cette affirmation, mais les Mahorais ont besoin de se prendre en charge et d’être responsables de leur propre destinée plutôt que d’attendre le gouvernement français pour apporter les solutions sur un plateau doré. Commençons par s’aimer, accepter notre héritage comme ancienne colonie et comme faisant partis de l’archipel des Comores, accepter et respecter nos différences et imperfections. Arrêtons de se plaindre de la situation, d’empêcher les personnes instruites et /ou qualifiées de vivre et de travailler à Mayotte, d’isoler ou de considérer les gens qui critiquent le système comme des ennemis, d’embaucher un membre de sa famille au lieu de quelqu’un compétent, de se sentir inférieurs du fait d’être noirs et musulmans, de penser que les gens qui critiquent une partie de nos coutumes comme par exemple la polygamie ou les mariages ridiculement chers ne sont pas fiers d’être Mahorais.

Ces sujets seront intégrés au Festival en août et nous espérons que nous aurons beaucoup de supporters pour faire de cet événement un succès. Nous avons besoin non seulement d’un soutien financier, mais aussi de bénévoles, d’artistes (chanteurs, danseurs, joueurs d’instruments de musique, créateurs de mode), d’interventions de différents types d’entrepreneurs et de professionnels (cuisiniers, couturiers, jardiniers, journalistes, pharmaciens, Infirmières, aide-soignants, travailleurs sociaux, constructeurs, hôtesses de l’air, traducteurs, enseignants, PDG, etc.)

Rappelons-nous que tout être humain peut contribuer à rendre notre avenir brillant.

Be a Humanist: Love Yourself

Dear Readers

Yesterday’s publication was one of my best articles so far, the one that was most read and shared and the one people bothered to comment on so thank you from the bottom of my heart. Many people in my network in France and in the UK congratulated me for the brave act of citizenship but others criticized me for not being fully engaged in the fight i.e becoming a politician. My detractors underlined the fact that I was terrified of being corrupt and they said this was exactly why nothing changes because  politicians should be able to be decent, honest,conscientious, trustworthy, accountable and should be able to favour the interest of the people who elected him or her before his or her own interests, I accept that. However, I know myself well enough to know that I am not yet equipped to be  a politician and I am sure that day will come but not now. I know from experience that every time that I made a decision in the heat of the moment, I either regretted it or suffered some terrible consequences. I am a fervent believer that we live and learn and I also believe that nothing happens by accident.For instance, during my time at Sitel I felt after 6 months of being a French and English agent that I deserved to be promoted as Team Manager because I was my manager’s second in charge when she was absent or busy in meetings or trainings and let’s be clear I was way competent and qualified than her and  I had the team’s support. I thought my time had come when my direct line manager was finally re-distributed in a different role but guess what? I did not get the promotion and I was devastated at first then very angry as I believed it was not fair for someone else to benefit from my hard work and to run the team that I had built. Along came Petri Palento, the replacement manager whom I am so grateful for. Grateful for teaching me patience, to observe and plan before making any decision, to control my anger and my temper with trouble makers, attention seekers and jealous staff members and to always always be kind regardless of my circumstances. 8 months later after ensuring that I was ready for the job, Petri resigned and I got the job. It was fun and challenging to lead a multicultural team of 15  staff members, it got even more challenging when my team grew to 22 staff and my portfolio of products grew as well.

I know what my detractors and supporters are thinking « this is great but do you think that Barack Obama would have been elected if he didn’t enter politics? » True but he was a lawyer, an activist and an exceptional leader and orator before joining politics. From my point of view, there are different ways of doing politics other than campaigning and getting elected, we citizens can influence politics if we really want to. Take the « Tea Party »in the United States, Amnesty International, Green Peace for examples, they don’t get elected but god they make sure they get heard. In the era of social media, I believe we can do a lot of good by using this amazing tool responsibly in order to reclaim our power and freedom to be humans and humanist, how?  By promoting kindness, mindfulness, empathy, understanding, compassion, love, peace in order to eliminate different kinds of hatred such as hatred against black people, against women, against homosexuals, against Jewish, against Muslims,against transsexuals, against poor and rich people and so on in other words against anything or anyone we are not familiar with. History has justified these types of hatred economically, politically, religiously, socially and geo-politically but why or Lord why so much hatred? This is apparently due to the fear of the « Unknown » but I think it is because we don’t love ourselves enough, we don’t accept our deceptions, our failures, our weaknesses, our misery and as a defense mechanism we blame others, which is a lot easier than taking responsibility of your own problems.

Yes there are many difficult and complex issues in Mayotte but no one will solve them for us.We can write books or blogs but actions speak louder than words. I read this morning on Facebook that Mayotte is the  troubled and unloved child of the French Republic and I partially agree with this statement but the Mahorais need to « man up »and take charge of their own destiny rather than awaiting the French Government to hand them the solutions on a golden plate. Let’s start by loving ourselves, accepting our heritage as a former colony and as being part of the Comoros archipelago, accepting and respecting our differences and imperfections. Let’s stop winging about the situation, making it difficult for educated and/or qualified people to live and work in Mayotte, isolating or labeling people criticising the system as enemies, hiring a member of family instead of someone competent, feeling inferior because we are black and Muslim, believing that people who criticise part of our customs such as Polygamy or the ludicrously expensive  weddings are not proud of being Mahorais.

These topics will be embedded into the Festival in August and we hope we will have many supporters to make this event successful. Not only do we need financial support but we also need volunteers, artists ( singers, dancers, players of any musical instruments, fashion designers), interventions of different kinds of entrepreneurs and professionals ( cooks, gardeners, journalists,pharmacists, doctors, surgeons, nurses, healthcare assistants, social workers, builders, air hostesses, translators, teachers, CEOs etc…)

Remember that any human being can make our future bright.

 

 

Citoyens du Monde – Réclamons notre pouvoir

Chers lecteurs
Cela fait à peu près de 2 ans que j’ai commencé à écrire ce blog et c’est ma toute première publication depuis longtemps. Mes amis, mes frères, mes sœurs, mes mamans, mes papas et mes ennemis, je connais et accepte enfin mon identité, mes rêves, mes ambitions, mes peurs, mes forces, mes faiblesses, mon bonheur et mes moments de tristesse. Permettez-moi de me présenter pour ceux d’entre vous qui ne me connaissent pas : mon nom est Zainal-Ambidina Ibrahim, j’ai 33 ans, je suis noire, musulmane, féministe et j’ai un passeport français mais je suis fière de le dire haut et fort (enfin fière de l’écrire clairement en cristal) que je suis une Citoyenne du Monde.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à peut-être les pires ennemis de notre humanité incarnés dans la montée du nationalisme, la xénophobie et le fascisme. Cela me brise le cœur de voir combien les êtres humains ne semblent jamais apprendre de nos erreurs passées. Des exemples horribles se sont produits, comme la guerre de 100 ans entre la France et l’Angleterre, 2 horribles guerres mondiales qui ont tué des millions de personnes innocentes, l’utilisation d’armes nucléaires sur des êtres humains, etc… Alors pourquoi répétons-« nous » les mêmes erreurs. ? À mon avis, c’est parce que nous permettons à d’autres personnes connues sous le nom de politiciens et d’autres institutions de gouverner nos vies comme les banques qui prennent des décisions importantes pour nous. Parce que nous les élisons ou que nous les considérons comme des institutions légitimes ou nous croyons qu’ils ont nos meilleurs intérêts au cœur. Au contraire mes amis, ils sont là pour protéger leurs propres intérêts et pour s’assurer qu’ils restent au pouvoir à tout prix, donc c’est pourquoi ils nous poussent à se haïr et à reprocher les uns des autres pour se protéger. Ils nous disent ce que nos valeurs devraient être, comment nos sociétés doivent être gérées et gouvernées et, surtout, ils nous encouragent à rejeter tous ceux et celles qui défient ou critiquent ce qu’ils ont défini comme étant nos valeurs, nos priorités, nos ambitions, nos objectifs et nos aspirations. Pour citer quelques exemples : le Brexit, l’élection de Trump, l’élection éventuelle de Marine Le Pen, la crise syrienne ou la crise migratoire.
La raison pour laquelle j’ai commencé ce blog était de réveiller les esprits des gens de mon île Mayotte, je sais quelle idée folle ? Je sens que nous prenons le mauvais chemin et que «nous» Les citoyens du monde devons faire tout ce que nous pouvons pour empêcher que cette belle partie de la planète ne se transforme en zone de guerre et je pensais que notre meilleure chance était l’éveil des esprits  suivi par des actions. Vous voyez après 14 ans en Europe, je peux voir les bons et les mauvais côtés de la vie moderne, la mondialisation et l’individualisme et je suis convaincue que nous pouvons faire tout notre possible pour apprendre des erreurs que l’Occident a commis pour assurer le développement durable de l’île au Lagon. Un blog était un bon début, mais je pense que j’ai besoin de prendre des mesures avant qu’il ne soit trop tard parce que je ne reconnais pas déjà l’endroit où j’ai grandi.
Il y a 2 jours, une de mes amis d’enfance m’a rappelé de nos années d’adolescence quand nous avions la liberté d’explorer l’île sans la surveillance d’un adulte. Par exemple, nous sommes allés camper plusieurs fois à la plage sans nos parents, qu’est-ce que c’était bien ! ! C’est dommage que les adolescents d’aujourd’hui ne puissent pas le faire. Seuls les parents pensaient être négligents permettrait à leurs enfants de sortir quand il commence à faire nuit à 17 heures. Je me souviens encore de mon père qui m’avait fait toute une leçon de moral pour que l’on verrouille les portes, pour que l’on ne porte pas des objets de valeur sur nous comme des montres, des bracelets, des colliers, des bagues, des boucles d’oreille et de s’assurer de bien de bien garer notre voiture de location quelque part ou on pourrait la voir durant mes vacances en 2014 avec mon compagnon et ma belle-mère. Heureusement pour nous, nous avons quitté Mayotte avec tous nos objets de valeur et rempli d’événements mémorables. Une des meilleures choses qui se soit passée c’est quand ma belle-mère, après  un certain temps d’adaptation nécessaire, est tombee amoreureuse de l’ile, d’autant plus qu’elle a vécu 28 ans en Australie et habite en Angleterre depuis 32 ans.  J’étais si heureuse de la voir apprécier chaque moment et chaque endroit que nous avons visité, pour la voir prendre le temps pour apprendre à connaître les gens et le «coup de grâce» a été quand elle a dit qu’elle se voyait bien s’installer là-bas.

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Cela m’a donné l’espoir que la magie était toujours là et que c’était mon devoir  de protéger cette magie. Si vous ne me croyez pas, allez voir par vous-mêmes et vous tomberez amoureux et j’espère que vous allez vouloir me rejoindre dans ce combat. Quel combat, je vous entends dire ? Mayotte a récemment été présentée sur les principaux médias comme étant violente en raison des actes de violence souvent commis par les jeunes (voitures brûlées, maisons cambriolées, des pick pocket présents dans les lieux publics et touristiques). Cela a un impact massif sur l’économie, sur l’éducation et la sécurité quotidienne. C’est soi-disant pourquoi il y a souvent des grèves de «à la mahoraise» lorsque tous les fonctionnaires cessent de travailler et empêchent les autres de travailler, ce qui paralyse toute l’île. Le système éducatif qui repose entièrement sur les enseignants métropolitains français en souffre beaucoup car de moins en moins d’enseignants sont assez courageux pour y vivre parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité.
Un exemple concret de la gravité de notre système éducatif est l’expérience vécue par la fille d’une amie. Prenez Idyl, une brillante jeune fille de 10 ans dont les parents ont décidé de payer un enseignement privé jusqu’à présent parce qu’elle va au collège. Comme vous le savez, il n’y a pas de collège ou lycées privés au sein du système Français a Mayotte, donc Idyl est condamnée à aller dans un collège public peu soutenu financièrement et souffrant d’une pénurie de professeurs qualifiés et expérimentés. Ses camarades de classe moins chanceux qu’elle car leurs parents n’ont pas les moyens de les envoyer dans des écoles privées n’ont pas son niveau et peuvent à peine lire ou écrire par conséquent leurs professeurs luttent pour trouver le bon environnement d’apprentissage pour ces 2 extrêmes. Le but de l’exercice est complètement inutile car les enseignants ne peuvent pas enseigner et les enfants ne peuvent pas apprendre ! Naturellement, la maman d’Idyl est extrêmement frustrée, en colère et triste en même temps et m’a presque supplié de rentrer dans la politique pour combattre le système. Je l’aime et j’aime sa fille pour m’être occupée d’elle pendant 3 semaines l’été dernier, je me soucie de son avenir, mais la pensée d’être corrompue par la politique me terrifie donc c’est un « non » pour l’instant. Ce qui nous frustre et nous énerve tous, c’est que les personnes qui travaillent pour l’organisme responsable de l’éducation appelé « Conseil Départemental » envoient leurs enfants dans de meilleures écoles en Europe pour leur garantir un meilleur avenir. L’un d’entre eux m’a contacté récemment pour me demander d’accueillir ses adolescents de 12 et 14 ans à Londres pendant 2 mois pour élargir leur esprit et enrichir leurs expériences linguistiques et culturelles. Bien que j’applaudisse le père pour son action permettant de s’assurer que ses enfants aient les meilleures chances dans la vie pour réussir et je dénonce maintenant ce politicien  sans scrupules qui contribue à ce mauvais système éducatif et assure son héritage en envoyant ses enfants à l’étranger. De cette façon, le système continuera et les citoyens ordinaires continueront de souffrir et d’être gouvernés aveuglément.

Selon mon expérience, l’éducation est la colonne vertébrale de toute société et l’outil pour changer un système traditionaliste et corrompu comme Mayotte. C’est pourquoi je suis une fervente partisanne de Tafara Housseni, responsable de la DAESA (centre de formation de Mayotte) et je l’aide à mettre en place le tout premier programme Erasmus entre Mayotte et le Royaume-Uni – on croise les doigts pour que le projet soit approuvé fin avril. Nous prévoyons également d’organiser un festival la 1ère semaine d’août afin d’encourager la mobilité, de célébrer les succès des étudiants mahorais, de promouvoir l’esprit d’entreprise, d’encourager les jeunes à apprendre la discipline, le dynamisme et l’ambition par le biais du sport, à célébrer notre culture et notre créativité. Tafara a réussi à organiser cet événement avec son propre argent et le soutien financier d’autres associations culturelles, comme on dit : une image vaut mille mots.

Cette année, nous nous efforcerons d’organiser cet événement entièrement financé par les Citoyens du Monde comme Tafara et toi mais nous avons besoin de plus de Citoyens du Monde pour envoyer un message fort et clair aux politiciens corrompus, aux banquiers corrompus, aux juges corrompus, aux fonctionnaires corrompus que notre avenir sera brillant.

Mayotte from the air

 

 

Let’s break the chains and reclaim our own power

Dear Readers

It has been almost 2 years that I started writing this blog and this is my 1st post in a long time. My friends, my brothers, my sisters, my mums, my dads and my enemies, I finally know and I accept my identity, my dreams, my ambitions, my fears, my strengthens, my weaknesses, my happiness and my moments of sadness. Allow me to introduce myself for those of you who don’t know me: my name is Zainal-Ambidina Ibrahim, I am 33 years old Black and Muslim woman, I am a feminist, I have a French passport but I am proud to say out loud ( actually write crystal clearly) that I am a Citizen of the World.

Today we are faced with possibly the worst enemies of our humanity embodied in the rise of nationalism, xenophobia and fascism. It breaks my heart to see how much human beings don’t ever seem to learn from our past mistakes. We have multiple examples in the past that when those phenomena appeared or encouraged, horrible things happened such as the 100 year war between France and England, 2 horrible world wars that killed millions of innocent people, the use of nuclear weapons on human beings etc… So why do « we » repeat the same mistakes. In my opinion, it is because « we »allow other people known as politicians and other institutions governing our lives like banks make important decisions for us. Because we elect them or we consider them as legitimate institutions or we believe that they have our best interests at heart. Au contraire mes amis, they are there to protect their own interests and to ensure they remain in power at all cost hence why they urge us to hate and to blame each other to protect themselves. They tell us what our values should be, how our societies should be run and governed and most of all they encourage us to reject anything or anyone who falls out of what they define as our values, our priorities, our ambitions, our objectives and our aspirations. To name a few examples: the Brexit, the election of Trump, God forbid the possible election of Marine Le Pen, the Syrian crisis or the migration crisis.

The reason why I began this blog was to awaken the minds of the people of my island Mayotte, I know crazy right? I feel that we are taking the wrong path and « we »Citizens of the World need to do everything we can to stop that beautiful part of the planet from turning into a war zone and  I thought our best chance was the awakening of the minds followed by actions. You see after 14 years in Europe, I can see the good and bad of modern life, globalization and individualism and I am convinced that we can do our utmost best to learn from the mistakes the West has done to ensure we develop the Lagoon Island durably.  A blog was a good start but I think I need to take actions before it is too late because I don’t already recognise the place I grew up.

2 days ago, one of my childhood friends reminded me of our amazing and fun teenage years when we had the freedom to  explore the island without adult supervision.For instance, we went camping several times by the beach without our parents, god that was fun!!!  It is such a shame that today’s teenagers are not allowed to do that. Only  parents thought to be careless would  allow their children out when it gets dark at 5 pm. I still remember my dad lecturing me to lock the doors, not to have anything valuables on us such as watches, bracelets, necklaces, ear rings and to ensure our rented car was parked somewhere we could see during my holidays in 2014 with my partner and my mother in law. I was understandably terrified and I asked myself : where did l land »? Luckily for us, we left Mayotte with all our valuables and  filled with memorable events.One of the best things that happened is that my mother in law with some necessary adaption time fell in love with the island and its people. Bearing in mind that she lived 28 years in Australia and has been living  in England for 32 years, I was so happy to see her appreciate every moment and every place we visited, to see her take time to get to know people and the « coup de grace »was when she said that she wouldn’t mind leaving there.

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This gave me hope that the magic was still there and I needed to do what I can to protect it. Don’t take my words for it, go and see for yourselves and you will fall in love and you will hopefully want to join me in this fight. Which fight, I hear you say? Mayotte has recently been featured on main stream media because of violent actions often committed by young people ( cars being burned, houses being broken into, pick pocketing). This has a massive impact on the economy, on the education and the day to day security. With that in mind, there are often « Mayotte » style strikes when all government workers stop working and prevent others from working, which paralyses the whole island. The education system that relies entirely on French Metropolitan teachers is suffering as fewer and fewer teachers are brave enough to live there because they don’t feel safe.

A concrete example of how bad our education system is the experience lived by one of my best friend’s daughter. Take Idyll, a bright 10 year old girl who her parents decided to pay a private education until now because she reached college « upper secondary school » in the French system. There aren’t any private upper secondary or high schools in France so she is condemned to go to state schools that are poorly financed and are suffering from a shortage of qualified and experienced teachers. Her classmates who were not lucky enough to go to private schools don’t have her level and can barely read or write therefore their teachers are struggling to balance the right learning environment for those 2 extremes. The purpose of the exercise is completely pointless as teachers can’t teach and the children can’t learn! Understandably, Idyl’s mum is extremely frustrated, angry and sad at the same time and almost begged me to become a politician to fight the system. I love her and I love her daughter for having looked after her for 3 weeks last summer, I care about her future but the thought of being corrupt by politics terrifies me so it is a « no »for now.

What frustrates and angers all of us is the fact that the people working for the governing body  in charge of education called « Conseil Departemantal » are sending their children to better schools in Europe to guarantee them a brighter future. One of them contacted me recently asking me to welcome his 12 and 14 year old teenagers in London for 2 months to widen their minds and to enrich their linguistic and cultural experiences. Although I applauded the father for his action to ensure his kids get the best chances in life to be successful and I am now shaming this unscrupulous politician who is contributing to this bad educational system and is ensuring his legacy is saved by sending his kids abroad.That way the system will carry on and the ordinary citizens will continue to suffer and to be ruled blindly.

From my experience, education is the back bone of any society and the tool to change a traditionalist and corrupt system like Mayotte. This is why I am a fervent supporter of Tafara Housseni, the head of DAESA ( a training centre in Mayotte) and I am helping him to set up the very first Erasmus program between Mayotte and the UK – fingers crossed the project gets approved by the end of April. We are also planning to organise a festival the 1st week of August to encourage mobility, to celebrate successes, to promote entrepreneurship, to encourage young people to learn discipline, drive and ambition through Sport, to  celebrate our culture and our creativity. Tafara has successfully organised this event before with his own money and the financial support of other cultural associations,as we say: a picture  is worth a thousand words.

 

This year, we will endeavour to organise this event entirely financed by Citizens of the World like Tafara and I but we need more Citizens of the World to send a loud and clear message to the corrupt politicians, the corrupt bankers, the corrupt police officers,the corrupt judges,the corrupt government workers that our future will be bright.

Mayotte from the air

Comment réussir quand votre échec est prédit à l’avance ?

Oui comment fait-on quand on va chercher les fins de résultats trimestriels pour pouvoir soumettre un dossier de candidature afin d’être admise à l’université, la secrétaire du proviseur du lycée de Mamoudzou vous fait la remarque suivante : pourquoi vous vous donnez autant de mal, nous savons pertinemment que vous allez revenir les mains vides sans diplômes ?  La réponse à la secrétaire et à tous ceux et toutes celles qui prédisent l’échec des étudiants mahorais en Métropole et analysent les problèmes en surface : Honte à vous ! Certes le taux d’échec est très élevé selon les statistiques publiées en 2009 sur Comores online, le taux d’abandon en première année était à 60%, un nombre considérable qui mérite des explications. J’ai failli faire partie de ce nombre pour les raisons suivantes : Choc culturel, difficulté d’adaptation à la vie métropolitaine, universitaire et surtout de la vie en résidence universitaire. L’article publié en 2009 sur Comores Online contient des faits pertinents mais il contient également des aberrations de la part des dirigeants mahorais  plus précisément du directeur de la DASU qui traitent les problèmes rencontrés en France en amont. (http://www.comores-online.com/mwezinet/education/images/fevrier2009-lechec%20des%20etudiants%20en%20metropole.pdf.0). Ils osent dire que les mahorais s’intègrent difficilement en France et préfèrent vivre dans les logements privés parce qu’ils veulent cuisiner dans leurs chambres universitaires, choquant !! Monsieur le directeur, vous qui avait vécu en France pendant des années, avez-vous oublié votre arrivée dans ce pays vaste et froid où personne ne vous connait ou n’a envie de vous connaitre ? Avez-vous oublié la désorientation à la fac quand vous ne saviez pas où aller pour vous inscrire ou alors pour pouvoir assister à votre premier cours dans les amphithéâtres ? Avez-vous oublié  les moments de solitudes dans votre 9 m2 où tout vous manque, les cris de vos frères et sœurs, l’odeur de la mer, ce magnifique ciel bleu, cette nourriture qui vous est tellement familière, les chants traditionnels, la joie de vivre des enfants qui courent partout ?

Il est vrai que le gouvernement investit des millions, 17 millions selon les chiffres publiés en février 2009 pour aider les étudiants à se consacrer pleinement à leurs études. Cependant l’argent est loin d’être suffisant et devrait mieux  être investi avant, pendant et après le séjour en France. Ces 17 millions d’euros ne consolent pas les étudiants face au choc culturel, ne nous permet de bien choisir la carrière ou la vocation qu’il faut, ne remplace pas le soutien infaillible des parents, des amis ou de votre entourage.  Les moyens financiers sont uniquement nécessaires pour pouvoir vivre et survivre, pour pouvoir acheter les livres requis ou parfois financer  des séjours culturels en Europe. Oui j’ai failli abandonner  mais comme vous avez pu le lire dans l’article « nos chers pères mahorais », j’ai été « programmée » à réussir, pourquoi ? Parce qu’à fois je voulais abandonner, je pensais à mes parents et à leur foi à ma réussite. A chaque fois que j’ai douté de mes capacités intellectuelles, je savais que j’avais un soutien incontournable de mon entourage, de mes amis et plutard de mon -partenaire « bien-être » Duane durant mon Master 2. Le soutien moral aide énormément mais ce qui aide d’avantage, c’est le travail pur et dur. Malheureusement, je ne fais pas partie des personnes chanceuses qui réussissent tout sans efforts. Pour être là où je suis et pour continuer dans  mes accomplissements j’y mets de la sueur et à mon avais  les efforts paient toujours.  Un mois avant mon baccalauréat littéraire, je me suis enfermée dans ma chambre et me suis plongée intégralement  dans mes livres d’histoire, de géographie, de philosophie, de littérature anglaise, espagnole et française et les efforts en ont valu la peine car je me  suis concoctée la meilleure note en histoire-géographie sur toute l’ile  à savoir 18/20. J’ai répété cette formule magique durant mes années universitaires surtout pendant mon Master 1 et 2.  Deux semaines avant les partiels, je m’isolais dans mon 9m2 à étudier non-stop.  Mes amies fidèles W et N se chargeaient de mes courses pour que je me nourrisse et les résultats furent phénoménaux si je puis me permettre mais l’un des résultats dont je suis la plus fière fut un 15/20 pour mon mémoire de Mater en Négociation de Projets Internationaux.

Le travail pur et dur aide largement à la réussite mais ce qui aide encore plus c’est de se fixer des objectifs et de définir une carrière professionnelle à l’avance.  Beaucoup d’étudiants optent pour la voie universitaire car soit les choix sont limités ou encore parce qu’ils ne savent les métiers qu’ils vont exercer après l’obtention du diplôme.  Encore une fois, je faisais partie de ce lot d’étudiants. Je suis passionnée de langues depuis un très jeune  âge donc  le cursus LEA (Langues Etrangères Appliquées) me semblait évident. Au lycée, je voulais devenir professeur d’espagnol mais mon professeur d’espagnol était tellement pitoyable en première et en terminale que je changeai de carrière. LEA me donnait la possibilité de travailler dans n’importe quel secteur car les langues sont appliquées à des sujets variés, divers et pertinents quelle que soit la branche professionnelle que ce soit la stratégie, la microéconomie, la gestion des ressources humaines, la gestion, la communication ou alors le droit commercial.

15 septembre 2008, le diplôme en main mais n’ayant aucune idée du métier que j’allais exercer, j’étais très confuse  et effrayée  d’appliquer les règles théoriques à la vie professionnelle. Futures étudiantes et étudiants, prenez le temps de formuler un plan de carrière très claire, saisissez n’importe quelle opportunité pour poser des questions à vos professeurs, soyez attentifs aux différents intervenants dans votre lycée, prenez la peine de contacter les étudiants pour qu’ils partagent leurs expériences via la DASU, sachez que vous allez devoir travailler 10 fois plus que vos collègues de classe parce que le niveau est diffèrent, entourez-vous des bonnes personnes qui vont vous encourager et vous soutenir dans votre parcours, ne vous laissez pas en influencer par les personnes qui vont vouloir faire la fête au lieu de réviser pour un examen important, ne vous inquiétez-pas  car vous aurez l’occasion de célébrer votre succès plutard lorsque vous serez épanouie exerçant un métier intéressant, vous partirez en vacances avec vos amis ou encore lorsque vous achèterez le parfum de rêves de votre maman.

Chers amis, que pensez-vous être la clé au succès des étudiants ? J’ai partagé ma formule magique qui a  favorisé mes accomplissements, quelle est votre secret à vous ?

Nos Chers Pères Mahorais

Certes Mayotte est une société matriarcale mais ce sont les hommes qui dominent et dirigent l’ile politiquement et économiquement. Quant aux femmes, elles élèvent et éduquent les futurs dirigeants en général sans le soutien de leurs maris car étant polygames, ils doivent partager  leurs temps avec plusieurs familles. Mayotte ne serait pas devenue française sans Zena M’Dere et le mouvement des « chatouilleuses »

Zena

Dans ma famille, nous avons une chance inouïe car notre père a toujours été présent et n’a eu ses enfants qu’avec une seule femme à savoir ma mère. Je tiens à dire que sans l’aide et le soutien de mon père, je n’aurai pas réalisé la moitié de mes rêves. Mon père fait partie des exceptions qui confirment la règle c’est à dire qu’il a souhaité avoir une grande famille et il a rempli sa mission de père de nous éduquer, nous encourager pour que l’on devienne tous et toutes indépendants. Mon père m’a inculqué des valeurs morales que j’espère transmettre à mes enfants, celles du travail, de la justice, du succès, du respect, de l’honneur et des valeurs entrepreneuriales. Mon père n’a jamais douté un seul instant de mes capacités intellectuelles. Par exemple, le jour de l’examen du baccalauréat, j’étais bien entendu nerveuse, me suis mise à pleurer et ma maman m’a rassurée et réconfortée que tout allait bien se passer. Tandis que l’approche de mon père n’était pas du tout maternelle car il m’affirma  la chose suivante : « pourquoi tu pleures? Tu sais très bien que tu vas réussir ton bac ». A l’époque, j’avais trouvé cette remarque très blessante puisque j’avais besoin de réconfort.  Avec le recul, j’ai enfin compris que mon père présentait que sa petite fille transformerait sa famille à tout jamais. Si on analyse les faits, il est vrai que je suis le seul enfant de la famille ayant fait des études supérieures, ayant le plus voyagé et vécu dans 3 pays différents, parlant 4 langues et dirigeant une entreprise avec son compagnon. Vous comprendrez le choc ou même la semi dépression quand mon père cessa de me parler pendant 2 longues années. Avec le recul, Je pense avoir accepté la réaction de mon père mais en tant qu’enfant, j’ai encore du mal à justifier comment on peut décider consciemment de faire du mal à ses propres enfants. Lors d’une visite très brève à Mayotte, plus precisemment12 jours parce que c’étaient les seules vacances que mon employeur de l’époque pouvait m’accorder. Figurez- vous que j’avais économisé pendant des mois pour pouvoir me payer ce voyage et les cadeaux. L’accueil de la part de mes parents fut très froid  « pourquoi restes-tu que 12 jours? Tu aurais mieux fait de ne pas venir ». Vous pouvez vous imaginer à quel point j’ai souffert de cet accueil. Encore une fois avec le recul et ma maturité, j’ai fait le point et j’en ai conclu que l’ile entière faisait face à une période très turbulente.

Eté 2011, presque tout Mayotte décida de se révolter contre la vie chère en bloquant les routes et en empêchant les magasins de servir les clients ou encore en forçant la fermeture des administrations, en gros une situation très chaotique. Et c’est à ce moment-là qu’arriva la « je viens de « qui avait besoin de se ressourcer dans son ile d’origine loin de la vie stressante de la capitale de la Grande Bretagne. Un mélange explosif! J’avais observé que tout le monde était devenu agressifs.  Les syndicats et les hommes politiques alimentaient cette agressivité. Ainsi, j’ai voulu calmer les choses au sein de ma famille et remettre les choses en perspective, ce qui allait à l’encontre des coutumes et la manière dont la société fonctionne. Si les hommes politiques et les syndicats disent que la raison pour laquelle la vie est chère à Mayotte c’est parce que le gouvernement français détestent les mahorais et les punit d’avoir voté en faveur de la départementalisation, ce qui est faux! La réalité c’est que Mayotte n’était pas prête de devenir un département et les homes politiques  se sont bien gardés d’expliquer les conséquences aux mahorais car ils voulaient sauvegarder leurs propres intérêts au lieu des intérêts communs. Par ailleurs, la population a tendance d’oublier que l’ile n’est désormais plus isolée et qu’elle fait partie d’une économie globale. L’économie globale à l’époque était en pleine récession, ce qui avait affecté  et affecte toujours les prix mondiaux. Il semblerait que les gens oublient que presque tout est importé; que ce soit de l’Afrique du Sud, du Brésil ou de la France métropolitaine et cela a un coût! J’ai osé avancer ces arguments à mon père qui était en faveur de la paralysassion au sein de l’ile sans prendre en compte les effets négatifs. Avec l’usage croissant d’internet et des réseaux sociaux plus précisément de Facebook, les rumeurs circulent très vite et la réputation de l’ile a été profondément endommagée par ce genre d’action. Il m’a été impossible de convaincre ma famille plus particulièrement mon père. A ses yeux, j’étais devenue une étrangère qui reniait sa culture et ses origines. Il pensait que j’allais systématiquement adopter son point de vue mais je suis une adulte capable de former mes propres opinions et de les exprimer librement. Il était persuadé que mon retour à Mayotte était définitif et que j’allais abandonner ma vie à Londres et l’ homme qui m’aime, me traite comme une reine et me respecte. Beaucoup aurait céder sous la pression et je les comprends mais sachez que nos parents nous ont éduqués pour que l’on puisse prendre nos propres décisions et pour la même occasion pour que l’on puisse se battre pour nos propres convictions. Deux ans c’est très long pour ne pas adresser la parole à un être qui nous est très cher. J’en ai beaucoup souffert. Il y’a eu plusieurs phases dans ma souffrance, une phase de colère, phase de tristesse et une phase de compréhension. En sommes, mon père est très fier de moi et il aimerait le crier haut et fort au monde entier mais la société le freine et l’oppresse pour ne pas exprimer sa joie et sa fierté d’être le père d’une femme dévouée, déterminée, ambitieuse, libre et qui défend ses convictions!

Ce désaccord avec mon père m’a non seulement forgé le caractère et m’a pris a toujours suivre mon instinct et mes rêves et toujours vivre selon les règles de vie que je me suis fixées non celles que la société, les amis, la famille et les parents veulent me fixer. J’ai compris que parfois les gens sont méchants ou deviennent malencontreusement nos détracteurs parce que les choix et les décisions des autres les effraient et mettent en avant leurs faiblesses. J’espère sincèrement que la population mahoraise sera plus respective au forum et au festival que nous organisons du 1er au 5 aout pour leur permettre de devenir maitres de leurs destins. En voici le résume de nos objectifs.

Mes partenaires bien-être

Chers lecteurs,

Hier après-midi, j’ai revu mon professeur d’anglais de Master Négociation de Projets Internationaux et il m’a tellement inspirée et encouragée dans mes nombreux projets que cela m’a donnée l’idée d’écrire un article sur les personnes qui nous marquent au cours notre vie que ce soit de manière positive ou bien négative. Monsieur Claude Chastagner est un homme et un professeur remarquable qui a marqué notre promotion de 2008. Nous l’avions en anglais majeur donc nous le voyions très souvent, qui plus est que c’était le directeur de notre master. Les cours du vendredi matin étaient les plus excitants et les plus « challenging’ car nous devions lire les journaux anglais et présenter a l’oral dans la langue de Shakespeare un sujet qui avait attiré le plus notre attention. J’étais tout le temps malade le vendredi avant ce cours parce que j’ étais terrorisée a l’idée de prendre la parole devant mes camarades de classes et je me rappelle qu’a chaque fois monsieur Chastagner me félicitait de ma prise de parole et avec le recul je sais que mes presentations étaient moyennes voir médiocres  mais ce cours a été primordial dans ma vie professionnelle car je peux m’exprimer  et débattre en 4 langues sur beaucoup de sujets, grace a qui, you got it… Monsieur Chastagner. Il va s’en doute vous éblouir quand il apparaitra dans notre prochaine vidéo sur la page de Mayot’ Together.

Alors que voulais-je dire par l’expression ‘partenaires bien-être’? Je me suis rendue compte en parlant avec monsieur Chastagner qu’il y’a des personnes qui m’ont énormément influencée, inspirée, déçue, brisée le coeur ou alors mise en colère bref m’ont marqué e au fil des années et je leur en remercie parce que sans ces rencontres, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui. En voici une petite selection avec images a l’appui.

Tout d’abord, merci a mes parents de m’avoir mis au monde meme si maman n’a réalisé qu’elle était enceinte qu’au bout de 4 mois et ne pouvait pas se débarrasser de moi, oops! Mes parents ont joué un role majeur dans ma vie car m’ont permise de bénéficier d’une éducation riche et diverse (républicaine et coranique )et de prendre mes propres décisions malgré leur désaccord parfois mais ils ont toujours respecté mes choix de vie. Voici les valeurs inculquées par mes parents: il n’est pas nécessaire de poignarder son prochain pour pouvoir avancer dans la vie ou avoir la promotion tant espérée. Il faut être humble et généreuse  et souvent se remettre a dieu pour les choses que je ne peux pas changer ou contrôler (conseil de maman). Par contre papa m’a appris a m’en remettre a dieu mais que parfois il fallait se battre et dieu serait de mon cote si j’avais raison et jusqu’ici ces conseils m’ont été très bénéfiques meme si j’ai souvent du mal a trouver l’équilibre entre me battre et me remettre a dieu mais c’est une autre histoire ;)!

Nous sommes 12 dans la famille (6 filles et 6 garçons et pour ceux a qui cela intéresse, nous avons le meme père et la meme mere). Nous sommes très unis et fonctionnons par paire i.e chacun a son complice ou son frère ou sa soeur préfère pour simplifier mais ils vont tous le nier si on leur demande. Je vais être diplomatique pour éviter de froisser certains, je m’entends avec tout le monde et je me bats avec tout le monde meme avec le frère ou la soeur avec lequel ou laquelle je suis le plus complice. Mes frères et soeurs m’ont marquee d’une manière ou d’une autre. J’ai appris de leurs erreurs et des bonnes decisions qu’ils ont pris dans leurs vie. Sans citer de nom, les marriages ou les divorces de mes soeurs m’ont fait realiser que la polygamie n’aura jamais de place dans ma vie et que je n’ai pas besoin d’un homme pour exister en tant qu’être humain. Grandir avec 6 frères ( 2 plus ages que moi et 4 plus jeunes que moi) m’a démontré a quel homme les hommes sont immatures et désorientés sans l’aide d’une femme, d’une mere ou une soeur pour les remettre sur le bon chemin. Je sais a quoi vous penser et je le pense aussi mais ont-ils fait pour diriger le monde depuis la nuit du temps. Réponse très simple, les hommes connaissent leurs faiblesses et savent comment les combler en empêchant les femmes d’être au meme niveau qu’eux mais c’est un autre débat que j’évoquerai très prochainement.

Je tiens quand meme a mentionner mon petit frère Abdou car rien ne le destinait a devenir un entrepreneur en France métropolitaine. Il a saisi une opportunité de créer une s société pour l’installation de la fibre optique auprès des particuliers et des entreprises. Il est en pleine creation d’une autre structure, un très beau projet que je vais l’aider a mettre avec mes contacts au seins des entreprises en France, au Royaume-Uni et au Danemark.

Je tiens également a mentionner mes plus chers amis/amies qui ont été mes plus fervents supporters depuis le college a savoir Elmir, Laetitia, Chariffa, Soyarta, Laure, Zamimou, Amina et Clémence sans toutes ces personnes ma vie aurait été et serait bien monotone. Une mention spéciale pour Chariffa et Mitsou, mes soeurs de coeur. Comme vous pouvez le voir sur cette photo, Chariffa est la personne qui m’a vu pleurer, sourire aux éclats et m’a vu plus bas que terre et son arme secrete pour relever et me redonner un câlin et je repars a la conquête, je suis sure qu’e elle doit penser  de temps en  temps que je suis folle mais elle s’en fiche du moment que c’est mon choix et que je suis épanouie c’est le plus important. Mitsou, ma lionne et mon rendez-vous de la Saint Valentin cette année, elle m’adore et n’hésite pas a m’engueuler s’il le faut et je ne la changerais pour rien au monde. Mitsou a toujours  la phrase  pertinente qui m’aide a prendre une decision delicate. Par exemple, je me posais des questions métaphysiques si je devais arrêter la fac  après la licence 3. Réplique incendiaire de Mitsou avec le regard qui va avec: Pourquoi tu ne continuerais pas alors que tu es douée? Nous sommes un trio Mitsou, Chariffa et moi, d’ou la photo de notre groupe Whats’app. Elles m’ont aide a décrocher de très bonnes notes en Master 1 et 2 car elle faisaient mes courses et me faisaient a manger pendant que je révisais comme une malade. Elles savent taper du point sur le table quand je travaille comme une folle au lieu de prendre le temps de me reposer comme par exemple écrire un article de blog a 4h du matin. Ma Soya d’amour qui m’a surnomme ‘Zanou’ au lycée, uniquement pour les intimes! S’il vous plait, ne vous avisez pas de m’appeler comme cela car il n’y’a que 3 personnes au monde qui ont le droit de m’appeler comme cela a savoir Soya, Chariffa et Moitsou et leurs enfants pour qui je suis tatie Zanou.

J’ai fait de belles rencontres a la fac au nom de Lorraine, Raihei, Fanny, Aurelie, Chloe, Ania, Cynthia et Olivia. Dans le milieu professionnel, j’ai eu la chance de côtoyer des gens comme Marina, Patricia, Viv, Ahamada et je suis fière de dire que je les compte parmi mes amis les plus chers. Une mention spéciale pour Joe Gleeson, l’une des belles personnes que je n’ai jamais rencontrée (physiquement et intellectuellement). Je n’ai jamais eu de conversations ennuyeuses avec Joe. Il sait me faire rire, me bousculer quand il le faut et il  m’inspire au quotidien, merci Joe de faire partie de ma vie.

Vivre et m’habituer en France métropolitaine était un défi mais habiter en Espagne, aux iles Canaries et a Londres ont été  une vraie libération. Non seulement avais-je réalisé l’un des mes rêves les plus chers de vivre en Espagne mais cela m’a également permis de faire le vide et de finalement me pardonner des erreurs  du passé. J’ai fait la rencontre des gens formidables Mik, Mathias, Kevin, Bego et Nate qui ont  su me rappeler que j’étais quelqu’un d’extraordinaire et m’ont permis de faire la paix avec moi-même après ma premiere vraie deception amoureuse. Nate, mon colocataire et ami américain (et oui les français et les américains peuvent être amis ;)) m’a dit ceci avant de repartir aux Etats-Unis: « Don’t ever change, you are truly amazing » pour ceux d’entre vous qui ont du mal avec  la langue de Shakespeare voici la traduction : « ne change jamais, tu es vraiment incroyable ». Ma vie a Londres est une vraie histoire, elle a eu des hauts et des bas. Je suis partie vivre la-bas des l’obtention de mon master le 3 octobre 2008 parce que je suis follement tombée amoureuse d’un australien qui vivait a Londres et qui m’a offert mon premier job. Je l’aimais tellement que je t’ai tout abandonne ma famille, mes amis et mon confort pour pouvoir être avec lui. Presque 11 ans plutard et malgré une rupture douloureuse il y’a 2 ans, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix. J’ai le boulot de mes rêves grace ce choix a savoir directrice de vente de la marque américano-danoise Smartgurlz. Je peux travailler ou je veux et je peux me consacrer a mes oeuvres caritatives, que demander de plus! Que cela continue bien sur !

Malheureusement, la vie est remplie d’embuches et d’obstacles et j’ai fait face a des défis et j’ai du tenir têtes a beaucoup de gens au cours de mes 35 ans d’existence. Mes parents par exemple surtout mon père qui voulait que je fasse des etudes de droit, réponse ferme et catégorique, non parce que ce sont les langues qui me passionnent. Autre example, un professeur d’Histoire Géographie qui nous a traitée  d’indigènes au collège. J’ai rassemblée mes camarades de classes de 5eme pour nous plaindre auprès de la direction et nous avons gagnée car il a eu un blame. Ou encore une secrétaire du proviseur du Lycée Bamana a Mamoudzou qui a prédit que j’allais échouer mes etudes supérieures comme tous les autres bacheliers, j’entendais encore sa voix a chaque fois que j’avais envie d’ abandonner et a chaque fois je l’insultais de tous les noms, ce que je ne partagerais pas ici pour ne pas choquer les ames sensibles ;)! Je me répétais souvent cette phrase : JE vais lui montrer a cette s******que je ne ferais pas partie de ces statistiques! En somme elle a en quelque sorte contribué a ma réussite. Avec le recul, plus de 25 ans plutard j’apprécie les bons et les mauvais professeurs que nous avons côtoyés au college et au lycée et cela me donne encore plus de force et de convictions pour me battre pour la jeunesse de ma terre natale. A notre époque, nous avons eu la chance d’avoir des professeurs dévoués et passionnées par leur métiers, qui n’hésitaient pas a nous donner des cours particuliers. J’aimerais citer ici Monsieur et Madame Chérel, professeurs d’histoire géographie au lycée  qui m’ont appris a voir l’esprit critique et analyser les faits avant de porter un jugement. Madame Bénédicte Noguerra qui m’a transmis son amour pour la littérature française et m’a aide a maitriser la langue de Molière. Cette dame m’avait fait la promesse de m’inviter au restaurant si je décrochais une moyenne de plus de 14 pour l’écrit et l’oral en français au bac littéraire en premiere. Mission accomplie, 14.5 ( 14 a l’oral et 15 a l’écrit) et j’ai pu goûter a ma premiere creme brûlée, woohoo!

Note aux mauvais professeurs, vous aussi vous nous avez marquees, votre fainéantise, votre gourmandise, votre manque de passion, vos découragements et votre volonté de nous voir échouer pour vous réconforter dans vos choix et votre manque de choix nous marquent. Heureusement certains d’entre nous ressassions a faire outre a vos commentaires ou vos mauvais conseils car ce n’est que l’opinion d’une personne en general frustrée et ou peureuse de prendre des risque dans la vie donc a vous messieurs et mesdames merci de m’avoir donnée cette force supplémentaire de vous prouver que vous aviez tort, une mention spéciale pour monsieur Davoine, professeur de SVT qui faisait des remarques racistes et qui enseignait a Mayotte que pour les primes d’expatriation, j’ai détesté mes cours de SVT a cause de vous mais grace aux livres je me suis rattrapée toute seule comme une grande!

J’ai la chance d’être bien entourée, une chance un peu provoquée parce que je n’hésite pas a éliminer des gens de ma vie quand je me rends compte de la mauvaise influence qu’ils ont sur moi, 2 hommes que j’aimais en ont fait l’experience et mon ancien acolyte de l’association vient d’en subir les consequences. Sachez bien vous entourer surtout si ce sont des amis, vous les choisissez. En revanche, on ne choisit pas sa famille mais on peut choisir de passer plus de temps avec les personnes qui n’ont pas d’effets néfastes sur notre santé mentale c’est pour cela plus de temps avec une partie de ma fratrie. Comme dirait Ellen Degeneres : Be kind to one another, traduction soyez aimables les unes envers les autres.

 

Mes études en France – le forgement d’un caractère et la désillusion d’une société

Comment puis-je décrire mon arrivée en France ? Mayotte étant française, je me suis toujours sentie française, je pensais que je faisais partie d’une nation, d’une histoire, d’une révolution mais malheureusement l’accueil le  6 septembre 2002 fut très froid. Perdue, désorientée, j’avais oublié qui j’étais, ma passion et ma vocation de parler plusieurs langues et de voir le monde me paraissait  inaccessibles. Je pensais que j’étais en quelque sorte bénie d’être tombée amoureuse de quelqu’un originaire de mon ile qui vivait en France depuis 3 ans, loin de là c est la plus grosse erreur que je n’ai jamais commise dans ma vie. La bêtise a quand même forgée mon caractère et a renforcée ma volonté de changer la perception des gens vis-à-vis de la femme mahoraise. Je suis très reconnaissante d’avoir vécu ce que j’ai vécu car cela me permet de parler en connaissance de cause du sujet de la polygamie, de compatir  et comprendre  les femmes mariées à des polygames.

L’expression « l’amour rend aveugle » s’applique tout à fait dans mon cas. Hélas je dois avouer que dès le départ, tous les éléments étaient présents pour prédire que notre relation était vouée à l’échec ou que dis-je notre relation ferait face à d’énormes difficultés.

Je ne veux pas m’attarder sur cette relation mais cela faut la peine de citer quelques exemples qui vont peut-être sembler familiers a certains d’entre vous.

J’ai rencontré mon ex, qu’on va appeler B,  par le biais d’une amie d’enfance qui n’avait que des choses  positives à dire sur lui. Il faut savoir que B était le président de l’association des étudiants mahorais à Montpellier, connu sous le nom de l’AEMM. B avait soutenu et aidé  des centaines d’étudiants et était idolâtré et adoré par beaucoup de gens.

Le coup de foudre fut immédiat, nous étions inséparables.  Il m’emmenait partout. Une chose était  tout de même étrange, il ne me présentait jamais comme sa copine. Il disait  exactement qui j’étais, d’où je venais à Mayotte, les études que je faisais mais à aucun moment durant cette période euphorique n’avait-il mentionné qu’on avait une relation amoureuse. Etant très timide et ne voulant pas attirer l’attention sur moi, cela m’arrangeait un peu je ferma donc les yeux.

Octobre 2002, première réunion des accueils des nouveaux étudiants mahorais, moi y faisant partie, j’ai pu voir le président en action. Il a présidé la réunion avec tact, a contrôlé la foule avec dextérité (il faut avoir des nerfs d’acier pour contrôler une foule mahoraise). Je l’ai admiré, j’ai imaginé passer le restant de ma vie avec un homme aussi courageux, vaillant et qui partage les mêmes ambitions que moi de faire une différence au sein de notre communauté.

La relation était tellement fusionnelle que j’ai décidé de présenter B et l’une de mes meilleures amies qu’on va appeler W. Comme on dit « si tu veux savoir si ta relation amoureuse va tenir la route, demande l’avis d’une amie ». W connaissait B en tant que président de l’AEMM mais pas en tant que le copain d’une amie. W l’a immédiatement adoré  car elle pensait qu’on était fait l’un pour l’autre intellectuellement et elle voyait à quel point j’étais heureuse ainsi que W  approuva la relation.

J’ai partagé ma joie, mon bonheur avec les gens que je connaissais à Montpellier y compris avec une fille  que W et moi connaissions au lycée de Mamoudzou. Il s’avère que cette fille, on va l’appeler C, était devenue tres proche avec mon amie W et elle était également nouvelle dans la ville et connaissait B via l’association. C approuvait la relation, l’approuvait à tel point qu’elle  faisait  souvent des remarques du genre « je ne comprends pas les critiques, comment peut-on  détester quelqu’un comme B? Il est généreux, gentil et très ouvert d’esprit ». A l’époque, j’étais entièrement d’accord avec ses commentaires mais je peux dire avec confiance et conviction que mon ex ne fait jamais rien au hasard, il calcule et manipule les personnes qui l’entourent pour atteindre ses objectifs professionnels ou personnels. Si il faut qu’il soit gentil, généreux, attentif, attentionné ou alors si il faut qu’il montre sa puissance et son pouvoir pour obtenir ce qu’il veut, il le fera sans aucune hesitation ou scrupule. Plutard, avec le recul j’ai enfin compris que les commentaires de ses « adversaires » étaient totalement justifiés et fondés.

L’adoration et l’adulation de C envers B s’agrandissait au quotidien et ils passèrent de plus en plus de temps ensemble. Il s’avère qu’ils avaient une chose en commun à savoir la culture mahoraise. Ils connaissaient les mêmes chansons ou artistes comme Tama Music ou Viking et étaient tous les deux en faveur de la polygamie.

Je le dis haut et fort la polygamie est une création pure et dure de l’homme contre les femmes et on aura l’occasion de traiter de cette invention stupide et incohérente. Je n’arrive pas à croire que de nos jours (21eme siècle) que l’ose justifier aux femmes que la raison pour laquelle la polygamie existe à Mayotte c’est parce qu’il n’y a pas assez d’hommes.

Revenons à notre histoire. C et B entamèrent une relation « secrète » en parallèle avec la mienne et B. C m’a un jour avoué  qu’elle ne savait pas quoi faire de ses sentiments pour B et le pire c’est quand elle m’a avoué qu’elle pensait que les sentiments de B envers elle étaient réciproques. Je me rappellerai toute ma de vie de cette soirée de confession. J’ai applaudi son courage et je l’ai rassurée qu’on trouverait une solution. Le lendemain, je me suis précipitée à la cabine téléphonique (et oui je n’avais pas de téléphone portable) pour appeler B qui était en vacances avec ses frères au nord de la France. Je lui ai posé une seule question : est-ce que c’est réciproque? La réponse de B fut très convaincante, j’avais oublié que mon très cher ex était en licence media et communication, bien sûr que sa réponse allait être convaincante. Ceci fut sa réponse: Zaina, je t’aime et je ne sais pas de quoi elle parle. Tu penses sincèrement que je serai avec toi si mes sentiments pour elle étaient réciproques? T’inquiète pas je vais lui parler et tout va s’arranger, fais-moi confiance. Avec une réponse aussi convaincante je lui ai hélas fait confiance. Je lui ai accordé le bénéfice du doute et je lui ai donné la permission de me détruire pendant un an et demi. B avait trouvé l’équilibre idéal: il avait 2 femmes aux traits de caractères différents. Une femme traditionnelle, soumise et prête tout  accepter y compris ses infidélités (C) et une femme rebelle, ambitieuse et ne tolérant aucune infidélité à savoir moi. B aimait le fait que j’étais ambitieuse et il s’en est servi à son avantage. B maintenant journaliste à Mayotte avait des difficultés grammaticales avec la langue de Molière et moi ayant un bac littéraire corrigeait ses fautes de français. Quand B  entama un deuxième master pour se spécialiser dans le journalisme, l’anglais n’était point son fort et la femme qui lui valait à ce moment-là c’était celle qui faisait des études de langues étrangères appliquées c’est à dire moi. B nous mettait en avant en fonction de ses intérêts. La candidate idéale  pour promouvoir la culture mahoraise et des traditions en général était C car elle adorait montrer à la terre entière à quelle point elle savait cuisiner les repas typiques. Elle adorait vanter ses talents de bonne danseuse de mbiwi ou autres danses traditionnelles. B avait entièrement raison de ne compter sur moi pour ce genre de choses. Je ne savais même comment porter le vêtement traditionnel, ou alors danser car j’ai passé ma jeuneuse le nez fourré dans les livres et je n’avais jamais porté le vêtement traditionnel. Par contre, je savais cuisiner mais je n’avais jamais l’occasion de montrer que je pouvais cuisiner certains plats mahorais et en cas de doute je me demande toujours l’avis  à ma maman, mon compagnon actuel peut en témoigner!

B détestait mon côté rebel et il faisait tout ce qui était en ce pouvoir pour le taire. Critique publique du genre : « je n’arrive pas à croire que tu es une mahoraise, tu ne sais pas porter le vêtement traditionnel, ce n’est que les blancs qui stressent pas quelqu’un qui a vécu et grandi à Mayotte ». Critique privée :  A quoi va te servir ton diplômé de langues étrangères appliquées? Pourquoi te plaints-tu  des règles douloureuses, ça fait des années que tu les as,  tu ne t’y es toujours pas m’habitué ?

Il a failli être violent avec moi mais il savait que cela risquait de ternir son image de président et surtout il savait que mes amis, mon cousin et ma famille habitant à une heure et demie de Montpellier lui rendrait la monnaie de sa pièce.

Cette situation infernale a duré plus d’un an. La plus longue année de toute ma vie. J’avais pris 10 kilos, je me sentais très seule, fragile et très faible bien que mes amies me soutenaient au cours de ses épreuves. Une rumeur circulait dans tout Montpellier que j’empêchais B et C de vivre leur relation….

L’humiliation d’accepter que j’étais impliquée dans une relation triangulaire était déjà difficile à vivre.  Mais savoir que la rumeur circulait que je savais pertinemment ce qui se passait et  que j’avais décidé de rester; me rongeait au quotidien. Le pire, c’est que oui je le savais mais mon ex ne cessait me dire qu’il fallait que je sois forte et je me batte pour lui. Il me disait qu’il m’aimait et que toutes ces rumeurs sur sa relation secrète n’étaient pas fondées. Je m’en voulais de me sentir faible et de ne pas réagir. Mais le pire, c’était de voir la déception de W qui me connaissait très bien depuis le lycée. W n’arrêtait pas de me demander de me « réveiller », de me dire que je valais beaucoup mieux qu’un ménage à trois. J’étais rongée de remords de décevoir W qui malgré toutes les rumeurs que j ‘avais consciemment choisi de rester dans une relation aussi malsaine, est restée et a lutté à mes côtés. Elle m’a consolée et me répétait jour après jour que j’étais beaucoup plus forte que je ne le croyais et je trouverai la force. Je n’y croyais pas mais elle avait raison. Cependant le processus fut malheureusement très long. Une autre personne a joué un rôle fondamental à ma reprise en main, une autre amie très fidèle qu’on va appeler N et qui utilisait souvent cette expression pour m’encourager « quoiqu’il arrive, demain le soleil se lèvera toujours ». N avait vécu une relation similaire à Mayotte et m’avait racontée comment elle avait survécu et avait dévié les coutumes mahoraises mais je pense qu’ à l’époque elle ne s’était pas rendue compte  que c’était de la défiance de remettre en cause les traditions mahoraises. Quand bien même j’avais le soutien inconditionnel de deux amies, nous faisions face à une communauté d’une cinquantaine de personnes qui nous a critiquées et marginalisées. Je m’en voulais de voir W et N isolées mais elles ne craignaient pas de ne pas faire partie de cette communauté. Une communauté incapable de changer ou de s’adapter en France. Les filles me redonnaient confiance en moi petit à petit mais j’avais encore honte d’assumer mes choix. Je me suis donc renfermée pendant des mois et ne sortais que pour m’acheter à manger et surtout de m’acheter des Dannettes. Mon dieu qu’est-ce que j’en ai mangé de ces cochonneries!  Au jour d’aujourd’hui je ne parviens toujours pas à manger des dannettes ou encore un dessert un peu mousseux parce que cela me rappelle cette période très douloureuse de ma vie. Une periode ou j’avais abandonné mes rêves, mes ambitions et arrêté d’aller à l’université pendant un mois. B savait que je n’allais plus à la faculté mais ne m’avait jamais encouragée ou motive pour que j’y retourne parce que cela l’arrangeait que je sois faible et vulnérable. Un matin, je trouvai l’énergie et le courage de me préparer tant bien que mal parce qu’avec 10 kilos en plus, tous mes vêtements étaient trop petits. J’ai réussi à trouver un pantalon qui était à peu près à ma taille même si j’avais un peu de mal à respirer dedans. Mal à l’aise physiquement et psychologiquement, je décidai de marcher jusqu’à la faculté pour aller assister à un cours de microéconomie. Sur le chemin, je croisai mon très ex et son meilleur ami. Mon ex me fit la remarque suivante :  » Ah, tu n’as pas oublié le chemin pour te rendre à la fac ? » Je suis restée bouche-baie et j’ai continué mon chemin mais au lieu de me rendre à mon cours de microéconomie ce jour-là, je suis allée au supermarché de Shoppi pour m’acheter plus de Danettes et de desserts mousseux.   En n’assistant pas à mes cours et en n’accomplissant que le minimum requis, il était évident que je n’allais pas réussir à valider ma deuxième année en Langues Etrangères Appliquées. Dévastée, déprimée, humiliée, fatiguée de me battre au quotidien pour garder un homme qui me maltraitait et déçue de mes propres actions, j’avais touché le fond et ne voulais qu’une seule chose : disparaitre de la surface de la terre.

Que fait- on en général quand on touche le fond et que l’on sait plus quoi faire ? On appelle au secours et en général on fait appel à maman et à papa pour qu’ils nous viennent à la rescousse. J’ai appelé  ma pauvre maman en pleurant. La pauvre à 10 miles kilomètres de la France s’inquiéta. Je me sentie encoure plus coupable et je n’ai pas osé lui confier mes vrais problèmes. Mon père étant polygame, ma pauvre maman savait exactement ce que je ressentais et je sais à quel point elle avait souffert et souffre encore des infidélités légales de mon père. J’ai donc continué à pleurer mais je lui ai menti. Enfin, j’ai un peu déguisé la réalité quant à la vrai raison de mes pleurs. Je lui ai dit que la raison pour laquelle  je pleurais c’était  parce que je n’avais pas validé ma deuxième année. En bonne mère rassurante et dévouée qu’elle est, elle m’affirma la chose suivante : «  ma chérie, c’est normal ; tu vis dans un pays qui t’es totalement inconnu et tu as besoin d’un petit peu de temps pour t’adapter et je suis sure et certaine que tu as fait de tout mieux. De plus, ta carrière scolaire est impressionnante mais tu es humaine et tu as le droit d’avoir des moments de faiblesses. Je sais que tu vas te ressaisir, tu verras avec l’aide de dieu ». Ma petite maman avait raison, mon esprit « Rebel » commençait à refaire surface. Je décidai de rompre avec B et de me consacrer à mes études. Les visites à la bibliothèque de la faculté furent nombreuses. Il fallait quand même que je rattrape mon retard et que je sois au même niveau que mes collègues en l’espace de 2 mois.  Je me suis « réveillée » au bon moment pour poser ma candidature afin d’aller étudier en Espagne en tant qu’étudiante Erasmus. Ma candidature fut acceptée et 6 mois plutard, j’étais parée pour aller vivre et étudier un an aux Iles Canaries plus précisément à Tenerife.  J’étais sur le point de réaliser l’un de mes rêves, que du bonheur !

Malgré le fait que j’avais mis à un terme à ma relation avec B, notre relation était tout de même civilisée et je continuais à l’aider avec ses études, il faut avouer que j’avais toujours des sentiments envers lui jusqu’ à un beau jour d’été 2004, un vrai tournant !

La veille de ce beau jour en question, j’étais en train de réviser pour un partiel de gestion et B de manière inattendue est venu frapper à ma porte pour me demander d’aller réviser chez lui parce qu’il avait besoin d’aide. Pas totalement convaincue de ses intentions, on alla chez lui pour aller préparer nos examens respectifs. Il faut savoir que même si B m’avait énormément fait du mal, je croyais en son succès et l’encourageait pour qu’il exerce son métier de rêve à savoir journaliste. Pour moi, plus notre ile est remplie de  gens qualifiés, mieux elle avancera vers la bonne direction donc je mettais « nos différends » de côté et l’aidais comme je pouvais c’est à dire je corrigeais ses articles ou encore traduisais des sujets qui n’étaient traités qu’en anglais. Cette nuit- la, on ne se consacra qu’à nos études et en l’espace d’une nuit, je pensais que B avait peut-être changé. Mon dieu non ! Le lendemain, ce fut une tout autre histoire.  11 du matin, quelqu’un sonna a la porte. Moi devant l’ordinateur en train de lire son article, B devant sa cuisine américaine en train de faire la vaisselle, scène inédite ! B étant près de la porte, je lui demandai d’aller répondre mais il  refusa, étrange ! J’insistai et B est finalement descendu voir qui sonna à la porte. Il remonta en disant que c’était F, la voisine et une compatriote mahoraise. Mais l’humeur de B avait soudainement changé et il avait l’air très tendu. En le voyant dans cet état-là, je lui demandai innocemment ce qui n’allait pas et ce que voulais F. Il se mit en colère et cassa une assiette par terre, le voyant dans cet état et n’étant pas techniquement en relation avec lui, je rangeai mes affaires pour aller continuer mes révisions chez moi. B se mit encore plus en colère et m’empêcha de partir et durant notre altercation, je vis réellement qui était à la porte quelques minutes auparavant, c’était évidemment C ! C’est pourquoi B était de mauvaise humeur. Le pauvre avait oublié qu’il avait rendez-vous avec C pour aller faire ses courses. J’étais restée sans voix, un peu choquée et je me sentie encore une fois manipulée mais la différence cette fois-ci c’est que je me suis jurée ce jour-là  que cela n’allait plus jamais se reproduire. Ce jour-là je me suis promise de couper les ponts avec B mais avant de lui dire adieu à tout jamais j’allais lui dire ses 4 vérités en face.  Je lui ai dit la chose : je n’arrive pas à croire qu’un homme aussi intelligent que toi, se laisse entrainer dans une tradition aussi archaïque et obsolète. Comment as-tu pu me faire autant de mal ? Ton père est polygame et tu as vu comment il a traité ta mère et il n’a jamais present pour toi, ton petit frère et ta petite sœur, comment est-ce possible ? » B n’avait pas de réponse mais sa colère augmenta encore plus et il fit une chose incroyable et très lâche. Il alla demander à C de monter pour que l’on règle nos comptes comme on fait à Mayotte avec les rivales. J’en ai honte aujourd’hui mais je l’ai fait.  Comme on dit j’ai vidé mon sac ce jour-là et je suis passée à autre chose mais je n’oublierai jamais ce qu’ils m’ont fait subir pendant un an demi. Je ne veux pas jouer la victime mais j’étais dans un jeu dont je ne connaissais pas les règles. Ils n’ont jamais eu le cran d’assumer leur relation en public et devant moi et s’ils avaient un tout petit peu de dignité, ils n’auraient pas eu  à « cacher » leurs sentiments, au fond ils savaient qu’ils faisaient quelque chose de mal. Ils ont osé m’accuser durant l’affrontement qu’ils me l’ont dit, menteurs ! C m’avait avoué ses sentiments et moi en personne honnête, j’ai posé la question à B qui a nié de toutes ses forces.  Cette expérience m’a beaucoup appris sur notre société mahoraise. Les mahorais instruits qui vivent ailleurs mais qui reproduisent une « mini société mahoraise » en Métropole avec les coutumes et traditions mahoraises. Des hommes instruits et intelligents qui utilisent les traditions pour perpétuer leur pouvoir. Des femmes instruites et intelligentes qui pensent qu’elles n’ont pas d’autres choix que de perpétuer les traditions. Quant à moi, je pense que je l’ai échappé bel en rompant avec B, en partant en Espagne mais la pauvre C était persuadée qu’elle avait touché  le Jackpot avec B, un homme de sa carrure. Il s’est débarrassé d’elle dès qu’il n’en a pas eu besoin. Un jour,  C est venue dans ma chambre universitaire pour me confier comment B l’avait rejetée  dès qu’il a pu. Elle est venue me demander de faire la paix parce que B nous avait fait du mal à toutes les deux et que cela ne servait plus à rien de se battre car B allait épouser quelqu’un d’autre. En effet, B a épousé la voisine de C ! Quelle humiliation pour C ! Sa voisine lui a rendu la monnaie de sa pièce et pendant des années elle était condamnée à voir B et sa femme tous les jours jusqu’à ce qu’ elle déménage récemment dans un autre village avec son mari.